lundi 30 janvier 2012

La crème renversée comme vous n'en avez jamais mangé


Dans la série : les grands classiques indémodables, voici la crème renversée. Trop classique ? Elle a été tellement médiocrement copiée par l'industrie qu'on a oublié sa vraie saveur. Quand elle est bien faite c'est de la soie sous un manteau de caramel. Et celle-ci est tellement slow food que c'en est une merveille. Redécouvrez-la, avec cette recette oubliée, je vous garantis des sensations fabuleuses.

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Et si vous arrivez à trouver du lait cru de ferme, alors là, c'est le paradis. C'est dans le livre de Madame Saint Ange que j'ai trouvé le truc étonnant pour obtenir un résultat très onctueux, avec une saveur lactée incomparable. Oui, c'est plus long à préparer. Mais c'est comme ça. Si vous êtes pressés, achetez un Flanby et allez pleurer dans votre coin.

A préparer la veille — Pour 6 personnes (un moule de 1 l à 1,25 l)

Pour le caramel :

creme2100 g de sucre

Pour la crème :
1 litre de lait entier
1 gousse de vanille
5 jaunes d'oeufs
3 œufs
150 g de sucre

Le lait :
À la lecture des ingrédients, vous vous demandiez peut-être par quelle magie on peut faire tenir un litre de lait, plus des œufs et du sucre dans un moule d'un litre ? Non, pas d'erreur de frappe.

Pour que la crème soit absolument lisse comme celle-ci, l'eau du bain marie ne doit jamais bouillir.

On va commencer par faire réduire le lait. C'est le truc de madame Saint Ange, pour les lecteurs de son époque qui habitaient à la ville et ne pouvait se fournir en bon lait bien crémeux et riche. Après avoir essayé, je peux vous dire que cela fait toute la différence. Donc mettez le lait dans une casserole à fond épais, ajoutez la vanille fendue dans la longueur dont vous aurez raclé les graines. Portez-le à ébullition.

Surveillez ! Ce n'est pas le moment d'aller répondre au téléphone. Dès que l'ébullition est atteinte, baissez le feu pour que le lait ne déborde pas et laissez-le bouillotter tout doucement en remuant de temps en temps jusqu'à ce qu'il réduise d'un bon tiers. Il ne doit en rester que 55 à 60 centilitres. (Soit 550 à 600 grammes). Ce n'est pas encore du lait concentré, mais c'est l'idée. Attention, s'il reste trop de lait, votre crème ne se tiendra pas quand vous la renverserez, donc respectez bien les quantités et cuisez le temps qu'il faut. Au moins 40-45 minutes, c'est selon la casserole utilisée et la source de chaleur.

Le caramel :
Comme cela prend du temps et qu'on n'a plus besoin de surveiller le lait si on a bien réglé le feu, on peut s'occuper du caramel. Beaucoup de lecteurs me disent qu'ils ratent le caramel. Avec mes conseils, ils vont le réussir enfin !

D'abord éloignez les enfants, car c'est dangereux ; la température du sucre monte presque à 200 degrés et une goutte tombée sur un doigt fait très mal, et je ne vous parle même pas d'une casserole renversée !

Choisissez un moule à charlotte à fond épais non bosselé et pouvant aller sur la flamme. Sinon, prenez une casserole et vous transvaserez la caramel une fois terminé dans le moule. Mettez-y sucre, sans le mouiller, et posez-le sur feu vif. Ayez à proximité un torchon ou une manique pour ne pas vous brûler en saisissant le moule, et un récipient  d'eau froide pour y tremper le fond du moule et stopper la cuisson si elle allait trop vite.

Surveillez encore, ce n'est  toujours pas le moment d'aller répondre au téléphone. Le sucre va fondre. S'il ne fond que d'un seul côté, inclinez le récipient pour équilibrer la cuisson sur toute la surface. Ne mélangez pas avec une spatule ou autre. Plus tard lorsque le sucre commence à se colorer, inclinez le moule et agitez-le par mouvements tournants pour homogénéiser la couleur. Laissez cuire jusqu'à ce que le sucre devienne d'un beau blond foncé ambré, retirez-le du feu. Si le sucre brunit trop vite, trempez immédiatement le fond du moule dans l'eau froide, car le caramel brûlé est amer. Quand le caramel a la bonne couleur, retirez du feu et inclinez le moule en tous sens pour tapisser les bords de caramel jusqu'en haut. Laissez refroidir. Pensez que le caramel va continuer un peu à  cuire, donc à foncer entre le moment où vous le retirerez du feu et le moment où il va refroidir.

La crème :
Préchauffez le four à 120°C (th 4). Votre lait a réduit, ôtez la gousse de vanille et ajoutez le sucre, mélangez jusqu'à ce qu'il soit fondu puis retirez du feu. Battez les œufs entiers et les jaunes en omelette dans une jatte. Tout en fouettant, incorporez peu à peu le lait. Versez la préparation dans le moule à travers une passoire fine.

La cuisson :
Placez la crème dans le four dans un récipient plus grand, par exemple un plat à gratin à bords hauts. Versez-y de l'eau bouillante jusqu'à mi hauteur du moule à charlotte. Laissez cuire... le temps qu'il faut. Une heure à une heure et demie. La surface de la crème va dorer. On teste la cuisson en tapotant la surface, elle doit être ferme, très légèrement tremblotante, on doit sentir que c'est pris à l'intérieur. Éteignez le four et laisser-y refroidir la crème pendant 1 heure sans l'ouvrir. Placez-la ensuite au réfrigérateur pendant au moins 4 heures. Le mieux est d'attendre le lendemain, le démoulage sera plus sûr.

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Si vous avez pris soin de bien tapisser le moule de caramel jusqu'en haut, vous n'aurez  pas cette rangée de traces à mi hauteur de la crème. (Là où il n'y a pas de caramel, ça colle)

Le démoulage :
Et c'est seulement à ce moment-là qu'on pourra la démouler. Avec la pointe d'un couteau, décollez tout le bord supérieur afin de faire entrer de l'air entre la crème et le moule. Si tout se passe bien, alors le caramel remonte et la crème semble flotter dans le moule. Posez le plat de service sur le moule, et retournez le tout ensemble. Soulevez le moule : votre crème est démoulée, le caramel coule en la nappant, c'est une merveille.

 

Posté par _Marie_Claire_ à 15:08 - Du miel - Commentaires [ 30] - Rétroliens [ 0]
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jeudi 26 janvier 2012

Mon petit chat, que dirais-tu d'une bonne souris mijotée aux épices ?


Hé, je veux parler d'une souris d'agneau, bien sûr : cette pointe du gigot délicate et moelleuse qui nous envoûte à la première bouchée. Un régal d'hiver : une viande tendre et parfumée cuite en cocotte dans un bouillon épicé de cannelle, cardamome, girofle et anis étoilé, quelques carottes et beaucoup d'échalotes fondantes, à servir avec de la semoule de couscous ou du boulghour.

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Le bouillon est épaissi par une poignée de lentilles corail qu'on y jette avant la fin de la cuisson. Elles se fondent dans la sauce, lui donnant une consistance plus épaisse, sans avoir à y mettre de la farine (attention, la sauce sera épaissie, mais sans être liée). C'est léger, équilibré et surtout c'est très savoureux. Pratique, ça peut se préparer la veille et se réchauffer sans problème.

Pour 4 personnes :
2 à 4 souris d'agneau, selon l'appétit (1 souris donne une portion copieuse pour 1 personne)
Huile d'olive
8 échalotes pelées et coupées en 4 dans la longueur
4 carottes en rondelles
1 éclat d'anis étoilé, 4 gousses de cardamome, 1 petit morceau de cannelle, 3 clous de girofle.
1 feuille de laurier
Environ 70 cl de bouillon de volaille ou de légumes
100 g de lentilles corail
Sel, poivre du moulin.

Pour accompagner : 300 g de semoule à couscous, 2 cuil. à soupe de raisins secs.

Dans une poêle, faites revenir les souris salées et poivrées dans l'huile d'olive, en les tournant pour qu'elles soient bien colorées de tous côtés. (Je fais-cela dans une poêle parce que ma cocotte n'est pas assez grande pour les contenir toutes à plat). Au fur et à mesure, mettez-les dans une grande cocotte. Faites revenir à leur place les échalotes, puis les carottes, transférez-les à leur tour dans la cocotte. Ajoutez les épices, mouillez de bouillon jusqu'à mi hauteur de la viande. Salez peu. Portez à ébullition, puis couvrez, baissez le feu et laissez mijoter pendant 2 heures. Après 1 h, ajoutez les lentilles corail, poursuivez la cuisson. A la fin, goûtez et rectifiez l'assaisonnement, poivrez au moulin et servez avec la semoule.

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Préparer la semoule (que je n'ai pas photographiée) :
Mettez la semoule et les raisins dans une jatte, versez dessus le même poids d'eau bouillante salée, couvrez et laissez gonfler 5 minutes. Égrenez ensuite la semoule avec une fourchette en lui incorporant un filet d'huile d'olive à votre goût. Si vous utilisez du boulghour, suivez les indications du paquet.

cerealissim-express-orienta Nous avons goûté en accompagnement des souris le mélange de céréales "céréalissim' express mélange oriental", de la marque Bjorg, et nous avons beaucoup aimé. Avec un filet d'une bonne huile d'olive, c'était délicieux, surtout nappé de la sauce des souris. Mais je ne les ai pas écoutés pour la quantité : ils préconisent un seul sachet pour 4 personnes (ce sont des sachets de 160 grammes, qu'on réhydrate avec 250 g d'eau bouillante), et franchement c'est un peu juste ! Ça dépend évidemment de l'appétit, mais un sachet pour 2, c'est mieux, sinon les invités vont se regarder en chiens de faïence, surtout s'il y a des ados, ou des jeunes adultes parmi la tablée. La composition semble exempte d'additifs ou autres cochonneries : Couscous de blé complet 74.7%, flocons de blé, son de blé 5%, raisins secs, sel marin, paprika, sésame complet, cannelle, cumin, flocons de quinoa, flocons de pois chiche, persil ; et c'est pourquoi je vous en parle. Je ne suis absolument pas sponsorisée par la marque Bjorg, ni aucune autre d'ailleurs. Cette semoule est déjà salée, ne salez donc pas l'eau pour la réhydrater.

Autre suggestion : les souris iront très bien aussi avec une purée de pommes de terre, de potiron, ou de panais. A vos cocottes !

Posté par _Marie_Claire_ à 09:56 - Du sel - Commentaires [ 16] - Rétroliens [ 0]
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mercredi 25 janvier 2012

En février, tu te laisseras tenter...


Le nouveau Cuisine Actuelle est sorti ! Voici ce que vous propose la rédaction ce mois-ci : des recettes pas banales pour vous régaler tous les jours avec des idées pour voir la vie en pure gourmandise.

CAFEV2012En vedette, des mousses et espumas aériennes et gourmandes, à essayer avec le nouveau siphon que le père Noël n'a pas manqué de vous apporter. 

Des idées pas ordinaires pour utiliser la choucroute, en cake, en rouleaux de saumon, et même en verrine, si, si, second degré... Avouez que c'est rigolo, la choucroute en verrine !

Le magret de canard en 5 façons, vous fera voyager : au chou rouge et à la mangue, aux cacahuètes,  au pain d'épices et céleri.

Voyez la vie couleur rouge passion le jour de la saint Valentin, c'est tout un menu de cette couleur qu'on vous propose.

Ce mois-ci je me suis attelée à vous régaler pour la chandeleur de crêpes irrésistibles dont vous pourrez faire tout un repas, du salé au sucré : aux légumes à la provençale, aux langoustines, gratinées à la Morteau, flambées à l'orange ou à la marocaine arrosées de miel et d'huile d'argan, et d'autres encore.

Et dans la rubrique "pas si classique", c'est les bouchées à la Reine qui s'émancipent en voyageant au bord de la mer comme des grandes. J'ai des envies d'ailleurs, moi, pas vous ?

Posté par _Marie_Claire_ à 07:49 - Du ciel - Commentaires [ 6] - Rétroliens [ 0]
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dimanche 22 janvier 2012

Cheesecake à la banane caramélisée

 

La banane est un fruit étonnant car elle n'a pas le même goût cuite que crue. Crue, elle est souvent fade et farineuse, sauf si elle est bien mûre. Il faut la consommer quand sa peau devient couleur léopard, c'est là qu'elle est à son point optimum. Mais cuite, elle devient très parfumée, fondante, agréable. C'est idéal pour un dessert d'hiver !

 cheesecakebanane

Ce cheesecake allie la douceur d'une garniture au fromage blanc et crème de coco parfumée de vanille avec une couche de banane caramélisée très gourmande, rehaussée d'une larme de rhum, qui ne nous fera pas pleurer.

Pour 6/8 personnes :

cheeseckbn300 g de sablés bretons
120 g de beurre fondu
500 g de fromage frais
200 g de crème de coco
150 g de sucre
1 gousse de vanille
1 citron
4 œufs

3 à 4 bananes mûres
20 g de beurre
60 g de sucre
1 trait de rhum blanc

• Les sablés bretons : on peut aussi utiliser des petits beurre, ou des speculoos. Mais pour avoir déjà essayé les trois, je trouve que les sablés bretons donnent une croûte meilleure, plus croustillante, moins dure, mais qui se tient bien.

• Le fromage frais : prenez du fromage type Philadelphia ou St Moret, ou du fromage en faisselle très très bien égoutté.

• La crème de coco, plus épaisse que le lait de coco, se trouve en grande surface, en boîte ou en brique, sous la marque Kara, par exemple.

Préchauffez le four à 180°C. Tapissez le fond d’un moule à bords amovibles de 23 cm avec un rond de papier sulfurisé. Emiettez finement les sablés dans un saladier. Faites fondre le beurre et versez-le sur les biscuits, mélangez bien. Répartissez dans le moule en tassant avec les mains contre le fond et en les faisant remonter sur les bords. Placez au réfrigérateur.

Mélangez au fouet le fromage, la crème de coco et le sucre, jusqu’à ce que la préparation soit bien lisse et homogène. Fendez la vanille dans la longueur et grattez les graines, ajoutez-les. Râpez le zeste du citron puis pressez le. Ajoutez le zeste et 2 cuillères à soupe de jus de citron dans le fromage. Incorporez ensuite les œufs un par un, mélangez bien.

Versez la crème au fromage dans la croûte de biscuits. Egalisez la surface avec une spatule. Faites cuire en bas du four pendant 45 minutes, la crème ne doit pas colorer, si c'est le cas, baissez un peu le thermostat. C'est cuit quand la crème est ferme sous la pression du doigt.

Quand le gâteau est cuit, laissez-le refroidir dans son moule avant de le placer au réfrigérateur au moins 2 heures avant de le démouler sur le plat de service. Sinon vous risquez de le briser. Ce qui serait dommage.

Pendant ce temps, on s'occupe des bananes.

Pelez-les et coupez-les en rondelles en biseau de 1 cm d'épaisseur. Chauffez le beurre avec le sucre dans une grande poêle à feu vif et faites cuire jusqu'à caramélisation. Ajoutez les rondelles de bananes côte à côte, sans qu'elles se chevauchent. Faites les cuire environ 1 min sur chaque face dans le caramel, elles doivent être tendres mais surtout pas en compote. Retirez-les et rangez-les sur la surface du cheesecake.

Versez le rhum dans la poêle, grattez avec une spatule tout en mélangeant à feu vif. Versez doucement le caramel sur les bananes. Laissez refroidir complètement avant de déguster, et racontez-moi comment vous l'avez trouvé.

Posté par _Marie_Claire_ à 07:18 - Du miel - Commentaires [ 17] - Rétroliens [ 0]
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mercredi 18 janvier 2012

Curry de crevettes à l'ananas, pour se croire sous les tropiques

 

Voici une belle recette d'inspiration Thaïe, qui associe les crevettes et l'ananas, un fruit acidulé et parfumé qui s'accorde très bien avec les épices. Vous pimenterez la recette comme vous le souhaitez. Ne faites pas l'impasse sur la pâte de crevettes, elle donne toute sa profondeur au plat. Vous l'achèterez en épicerie asiatique.

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Pour 4 personnes :

Pour la pâte d'épices :
1 piment rouge séché, préalablement réhydraté dans de l'eau tiède
6 échalotes ciselées
1 tige de citronnelle débarassée des parties dures puis émincée
1/2 cuil. à café de pâte de crevettes
1/2 cuil. à café de curcuma en poudre

Pour les crevettes :
12 à 16 grosses crevettes tigrées crues
2 cuil. à soupe d'huile d'arachide

20 cl de lait de coco
1 ananas frais coupé en morceaux
2 cuil. à soupe de purée de tamarin (épicerie asiatique)
3 feuilles de combava (kaffir lime)
2 cuil. à café de sauce de poisson
1 cuil. à soupe de sucre de palme

J'ai utilisé des crevettes crues surgelées. Je ne sais pas comment c'est dans votre région, mais ici dans le Poitou je ne trouve que très rarement des crevettes crues fraîches. Ce qui est rageant car il y a à Marennes-Oléron des producteurs de grande qualité, mais il est impossible de trouver leur gamme dans le commerce de détail. Il parait que toute leur prodution s'en va dans d'autres circuits de distribution. Dommage qu'ils n'en diffusent pas une petite partie vers le grand public. Si jamais ils me lisent, la question est lancée.

On peut faire la recette avec de l'ananas en boîte, mais c'est moins bon. En cas de pénurie d'ananas frais, utilisez toujours de l'ananas en boîte au jus d'ananas, jamais au sirop, trop sucré.

La citronnelle, le combava, la pâte de crevettes, la sauce de poisson, les feuilles de combava et le sucre de palme s'achètent dans les épiceries asiatiques.  Si vous ne troubez pas les feuilles de combava, le zeste râpé de l'agrume fait l'affaire, et sinon, du zeste de citron vert pourra le remplacer.
Je vous rappelle que le sucre de palme n'a rien à voir avec l'huile du même nom, n'est pas issu du même arbre et ne provoque pas de déforestation (j'ai déjà eu une remarque là-dessus)

Laissez d'abord décongeler les crevettes si elles sont surgelées, puis décortiquez-les.

Réduisez en purée tous les ingrédients de la pâte d'épices avec 2 cui. à soupe d'eau, soit dans un mortier, soit au robot.  Faites revenir cette pâte dans une poêle ou un wok avec l'huile. Lorsque de délicieuses odeurs commencent à monter vers vos narines affriolées, versez le lait de coco. Mélangez, laisser mijoter 2 minutes. Ajoutez l'ananas, la purée de tamarin, les feuilles de combava. Laissez cuire doucement jusqu'à ce que l'ananas soit tendre, soit environ 5 minutes.

Ajoutez ensuite les crevettes et mélangez bien pour les enrober de sauce. Laissez cuire jusqu'à ce qu'elles deviennent roses et opaques. Au dernier moment, ajoutez la sauce de poissons et le sucre de palme.

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Accompagnez avec du riz Thaï que vous pouvez faire cuire selon ma méthode expliquée sur cette page, aussi parfaitement que si vous aviez un rice cooker.

Et ne mangez pas avec des baguettes, ça ne se fait pas en Thaïlande !

Posté par _Marie_Claire_ à 07:18 - Du sel - Commentaires [ 16] - Rétroliens [ 0]
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samedi 14 janvier 2012

Grimpez vous très haut sur l'échelle des piment ?

 

Le piment, on est accro ou on déteste. Saviez vous que le piment a un effet euphorisant et qu'il crée une accoutumance ? Plus on a l'habitude d'en manger, moins on le trouve piquant. Et après avoir mangé un plat pimenté, on se sent détendu, sur un nuage. Vous ne me croyez pas ? Essayez, vous verrez... Enfin, modérément quand même.

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L'échelle des piments, ou échelle de Scoville, mesure la teneur de ces fruits (oui ce sont des fruits, botaniquement parlant), en capsaïcine, substance qui agit sur les terminaisons nerveuses pour nous enflammer les papilles. Arrivé du Mexique sur les bateaux des conquistadores, c'est ainsi qu'il a peu à peu conquis le monde, en commençant par l'Espagne et le Portugal et en se propageant vers les colonies de ceux-ci. Peu usité dans nos cuisines occidentales, sauf au Sud de l'Europe par où il est entré, il est traditionnellement très présent dans les cuisines tropicales, même très loin de son Amérique natale. Il faut dire que c'est un bactéricide naturel et qu'il permet de lutter dans ces pays chauds contre les infections digestives et intestinales. Une idée reçue veut que le piment cause des ulcères d'estomac, c'est faux et même la capsaïcine a des vertus protectrices sur les muqueuses digestives. Le piment est d'ailleurs utilisé en Inde pour soigner les maux d'estomac ! Le piment est aussi très efficace pour lutter contre les rhumes et affections hivernales, car outre le fait qu'il soit riche en vitamine C, il draine les mucus et a un effet anti-inflammatoire et sudorifique. Encore mieux que le grog.

Pour calmer le feu d'un plat trop fort, il ne sert à rien de se précipiter sur un verre d'eau car la capsaïcine n'est pas du tout soluble dans l'eau, mais dans la graisse. La caséine du lait a aussi un effet certain, elle neutralise l'effet du piment sur les récepteurs de la douleur, et la matière grasse dilue le principe actif. C'est pourquoi, traditionnellement, dans les pays où la cuisine est pimentée, on boit des produits laitiers tout au long du repas : par exemple en Inde, on boit du lassi, et on accompagne le repas avec du raïta, un yaourt au concombre. Et au Maghreb avec le couscous et sa harrissa, on boit du petit lait. Le lait de coco des cuisines d'Asie du Sud Est soulage aussi les brûlures du piment.

A Singapour, si l'on veut savoir où l'on se situe sur l'échelle des piments — oui, on a parfois des questions existentielles—, on peut aller au restaurant Lagnaa. C'est un restaurant de cuisine indienne, caché dans une petite rue de Little India. La particularité de ce restaurant c'est qu'on y dîne pieds nus. L'accueil est charmant et détendu, le service d'une gentillesse rare. Au rez de chaussée, une salle pour dîner rapidement.  A l'étage, on monte après avoir laissé ses sandales ou ses tongues sur une étagère prévue à cet effet. On arrive dans une belle salle au décor dépouillé. On y dîne à des tables basses, assis par terre sur des coussins, pieds nus sur un joli parquet de bois précieux.

Lagnaa Salle(credit photo)

On peut y découvrir la cuisine de l'Inde du Nord comme du Sud, végétarienne ou pas. Et pour chaque plat on peut choisir sur une échelle de 1 à 10 la force des plats en piments. N'essayez surtout pas d'aller au delà du 3. Et encore, le 3, c'est si vous êtes super entraînés ! Même le chef du restaurant affirme qu'il n'y arrive pas. Mais rassurez vous, même si vous choisissez le 1 (ou le 2 pour les plus aventureux), vous vous régalerez.

lagnpim2
Chaque mois le jour le la pleine lune (ne me demandez pas pourquoi), le restaurant organise une compétition pour savoir qui ira le plus loin dans le pimenté. Je connais des concours plus idiots que celui-là. Le vainqueur gagne un repas gratuit.

 

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Voilà l'échelle des piments. Moi je m’arrête ... disons au 2 et demi. Hum. Deux un quart.

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Et voici les résultats. Chaque pince à linge représente un candidat au concours. A ce jour, personne n'a atteint le niveau 10, et seule une personne a pu résister au 9. Un extra-terrestre peut-être ?  A-t-il survécu ?  On ne sait pas ce qu'il est devenu. Vous voyez que les niveaux inférieurs sont de plus en plus garnis.  Les graffitis sur le mur sont les appréciations des clients.

 

lagntandoo
Goûtez donc l'excellent tandoori mix, aux viandes moelleuses et parfumées. Oui, moelleuses.

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Tout est fait maison, longuement mijoté avec les épices et la sauce. Le mutton masalaa et le butter chicken sont tout simplement merveilleux. Goûtez le délicieux palak panieer, c'est un plat végétarien, d'épinards garnis de de petits cubes de fromage, cela va vous réconcilier avec les épinards si toutefois vous étiez fâchés.  Le poisson tikka est parfait.  Buvez du lassi, celui au citron vert est particulièrement délicieux. De toute façon on vous apportera aussi un grand verre d'eau fraîche.

lagnriz  lagnaan

Vous remarquerez sur les photos que les sauces sont abondantes, c'est parfait : on peut les savourer jusqu'à la dernière goutte avec les escortes du repas : ce riz au safran tenu au chaud dans des récipients en bois, et les merveilleux naans, je n'en ai jamais mangé d'aussi bons ! Évitez les sempiternels au fromage, c'est pour les touristes. Prenez celui au beurre et à l'ail. Sublime.

Bon, d'accord, Singapour c'est 12 heures d'avion. Mais si on commence à s'arrêter à des détails.

Lagnaa Bare Foot Dining
No. 6, Upper Dickson Road
Singapore 20746


Posté par _Marie_Claire_ à 14:44 - Du ciel - Commentaires [ 22] - Rétroliens [ 0]
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mardi 10 janvier 2012

Charlotte requinquante au chocolat et à l'orange

Je ne vais pas vous proposer de recette détox d'après les fêtes, étant donné que  je ne vous ai mis aucune recette toxique avant elles. Vous n'en avez donc pas besoin.

charlottechoco

Voici simplement une petite charlotte au chocolat et à l'orange bien gourmande, réconfortante, qui donne du courage pour affronter l'hiver.

Pour 8 personnes :
200 g de très bon chocolat, à 64 % environ
6 œufs
40 cl de crème liquide entière, très froide
1 pincée de sel
1 orange bio
100 g d'écorce d'orange confite en petits dés
50 g de sucre
5 cl d'eau
5 cl de Grand Marnier, ou de Cointreau
Environ 24 biscuits à la cuillère
Du sucre glace et du cacao en poudre pour décorer

Faites avec le chocolat, les oeufs, la crème et le sel, une mousse au chocolat selon la marche à suivre expliquée ICI (clic), en ajoutant le zeste râpé de l'orange bio dans la crème avant de la fouetter. Incorporez l'écorce confite coupée en dés dans la mousse. Réservez au frais.

Préparez un sirop en faisant bouillir le sucre et l'eau. Dès l'ébullition, ajoutez le Grand Marnier, retirez du feu et incorporez le jus de l'orange pressée. Si des enfants ont prévu de déguster la charlotte, ne mettez que du jus d'orange.

charlottechoc  charlotechoco2

Choisissez un moule à brioche à côtes. Taillez en pointe quelques demi-biscuits à la cuillère et disposez-les en rosace pour recouvrir le fond du moule. Imbibez-les avec un peu de sirop. Trempez rapidement les biscuits dans le sirop et placez-les dans les cannelures du moule, le côté bombé contre le moule, le côté plat vers l'intérieur. Remplissez ensuite le moule avec la mousse, et terminez par une couche de biscuits. Vous pouvez aussi intercaler une couche de biscuits à mi hauteur, mais ce n'est pas obligatoire. Tapez légèrement le moule sur le plan de travail pour tasser le tout.

Placez sur le moule un papier sulfurisé puis une assiette dont le diamètre est inférieur à celui du moule et posez dessus un poids, par exemple une petite boîte de conserve. Réfrigérez pendant au moins 6 heures. Le mieux est de la la faire la veille.

charlottecoco

Démoulez la charlotte, saupoudrez-la d'un voile de sucre glace et /ou de cacao amer en poudre. Dégustez-la avec une sauce au chocolat (faites fondre 50 g de chocolat noir dans 10 cl de lait et de crème) ou avec une crème anglaise à l'orange, ou toute seule.

Posté par _Marie_Claire_ à 07:35 - Du miel - Commentaires [ 25] - Rétroliens [ 0]

vendredi 6 janvier 2012

De la galette des rois et des tests comparatifs idiots

On lit parfois des choses rigolotes dans la presse. Cela nous change des terribles catastrophes, des reportages sur les effets de la crise et des annonces de prochaine apocalypse. J'ai retrouvé un ancien article, paru l'année dernière dans un quotidien. Il y a prescription, mais on a quand même le droit de rire un peu en le lisant... au second degré.

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Quand j'ai lu ça, tranquillement au petit déjeûner d'un dimanche de début janvier, entre un bon café et une excellente brioche, des confitures maison et un beurre cru du Poitou, mon sang n'a fait qu'un tour. En résumé : ils ont comparé une brioche des rois artisanale, mais rassise car oubliée toute la journée dans un coin de bureau, avec deux brioches industrielles sortant "fraîchement" du plastique d'emballage. Ils ont préféré une des deux sous plastique. Et ils publient l'article en précisant tout de même que ce n'est pas scientifique. Ouf. L'honneur est (à peine) sauf.

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Cliquez sur l'article pour pouvoir zoomer.

Imaginez : moi qui m'efforce chaque jour sur ce blog et dans les journaux où j'écris, de défendre les produits de qualité, les productions artisanales et traditionnelles qui ont tant de mal à subsister à côté de l'industrialisation de notre alimentation, je ne pouvais que m'agacer. Quand on prône de faire la cuisine soi-même parce que c'est meilleur, et plus sain, de choisir ses produits et qu'on cherche à décrypter et déjouer les pièges de l'industrie agro-alimentaire, on se gausse plutôt d'articles qui mettent en avant des produits industriels dans des tests farfelus.

Sur le même modèle, je vous propose, chers lecteurs, de faire d'autres tests comparatifs tout aussi instructifs.

Par exemple, le filet de sole de petit bateau du poissonnier abandonné pendant 12 heures dans un bureau à côté d'un radiateur et le surimi sorti de son plastique  acheté à l'hyper du coin. Tiens, vous êtes sûrs que le surimi aura meilleure odeur que la sole pourrie ?

Ou la baguette label rouge du meilleur boulanger de la ville, qu'on aurait par mégarde emmenée à la piscine, où elle est restée 2 heures dans le local des douches, (si on est distrait, c'est possible !) ; face à la baguette industrielle d'un terminal de cuisson quelconque sortant juste du four. Ah bon ? la baguette artisanale est molle ?

Le bifteck de Parthenaise, de Blonde d'Aquitaine ou de Salers, tiens n'ayons pas peur : même de boeuf de Kobé, qu'on a oublié 15 jours dans le coffre de la voiture garée en plein soleil ; face au steak préemballé sortant de sa barquette. Et n'allez pas me dire que vous n'aimez pas la viande faisandée !

Et pourquoi pas une bouteille de Petrus de 1927, qu'on aurait gardée dans un entrepôt en tôle ondulée de la banlieue bordelaise, entre un sac de patates pourries et un vieux fût de vinaigre avec une fuite ; et une bouteille en plastique de Kiravi, fraîchement ouverte à la sortie du caddy ?  (heu, là je ne suis pas sûre de moi, en fait, si ça se trouve c'est quand même le Petrus qui aura meilleur goût...mais comme le deal de départ est de ne pas être scientifique, on s'en fiche ).

Le clou de ces tests comparatifs serait quand même le camembert au lait cru mûri à l'air libre dans une étable pendant une petite semaine ; avec un rond de plâtre pasteurisé acheté à la supérette du bout de la rue. Ha bon, l'un des deux est couvert d'asticots ? Vous m'étonnez.

D'ailleurs, à propos d'asticots.
Quand ma fille était au collège, sa professeure de SVT avait fait faire à la classe une expérience très instructive et très concluante. Vous n'allez pas en revenir. Dans un récipient, genre aquarium, elle a placé, loin l'un de l'autre (il ne faut pas qu'ils se battent), un petit pain du Mac Do et un morceau de baguette du boulanger. Au milieu : des larves de vers de farine, ou ténébrion meunier, qu'on trouve, parait-il dans les animaleries car on en nourrit les oiseaux. Elle ferme le tout et toute la classe attend quelques jours.

Que croyez-vous qu'il arriva ?
La baguette était couverte de vers, tandis que le pain du Mac Do rigolait, parfaitement indemne !

Conclusion :
D'une part les vers de farine sont de fins connaisseurs, d'autre part, imaginez le nombre de conservateurs et d'additifs dans le pain industriel, pour que ces bestioles, dont la seule idée fixe est de dévorer tout ce qui ressemble à des céréales, les dédaignent à ce point !

Si un de mes lecteurs veut bien se charger des tests, qu'il me transmette les résultats. Pour ma part, je mangerai la sole, la baguette, le bifteck... et la galette bien frais...

Posté par _Marie_Claire_ à 12:15 - Du fiel - Commentaires [ 31] - Rétroliens [ 0]
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lundi 2 janvier 2012

Heureuse Année 2012

Chers lecteurs qui venez me lire si fidèlement, je vous remercie pour toute la chaleur que vous m'apportez, pour tous vos commentaires, vos petits mots, vos questions et vos suggestions qui élargissent mon horizon.  Pour l'année 2012, je vous souhaite avant tout...

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... Un bon appétit !

 

Posté par _Marie_Claire_ à 15:17 - Et des ailes - Commentaires [ 29] - Rétroliens [ 0]

samedi 31 décembre 2011

Faux kouglof, mais vraie brioche allemande au pavot

Après avoir bien festoyé le 31 décembre, vous serez peut-être contents de vous lever tard au premier janvier et de trouver un bon petit déjeuner. Voici venue d'Allemagne une brioche roulée, à la mie légère; Elle est aromatisée de zeste de citron et fourrée au pavot, qui la parfume subtilement de son petit goût de noisette grillée. Elle très facile à faire. À côté du panettone, c'est même enfantin et reposant, vous allez voir.

roulepavot1

Comptez 5 heures 30 de préparation plus cuisson, dont 4 heures de repos. Je vous conseille d'en faire deux, et d'en congeler une encore tiède. Vous la ressortirez avec plaisir un peu plus tard... Laissez décongeler simplement à température ambiante, elle sera comme neuve !

Pour 2 brioches :
500 g de farine
20 g de levure fraîche de boulanger
25 cl de lait tiède
100 g de sucre
1 cuil. à café de sel fin
2 œufs
125 g de beurre mou
Le zeste râpé d'un citron bio
80 g de graines de pavot
50 g de raisins secs trempés depuis la veille dans 3 cuil. à soupe de rhum

pate

Disposez la farine en fontaine dans un grand saladier, ou bien dans le bol de votre robot pétrisseur. (Mettre la farine en fontaine, cela veut dire qu'on fait un creux au centre). Émiettez la levure dans le creux, et délayez-la avec un peu de lait, tout en ajoutant un peu de farine, pour obtenir une petite pâte très molle. Recouvrez avec de la farine et laissez reposer au chaud, par exemple près d'un radiateur, pendant 15-20 minutes. La petite pâte va gonfler, et craqueler la couche de farine qui est au dessus.

À ce moment, ajoutez le reste de lait, le sucre et le sel, et les œufs. Pétrissez jusqu'à ce que la pâte soit lisse, élastique et ne colle plus au plan de travail ou au bol du robot. C'est assez long, parce que la pâte est beaucoup hydratée, gage de mie moelleuse. Cela prend environ 35 minutes à la vitesse 2-3 au robot, et peut-être un peu plus à la main. Le pétrissage est la seule partie embêtante de la recette, mais pas forcément... On peut aimer travailler cette pâte douce et tendre. Au bout d'un certain temps de pétrissage, la pâte va se décoller seule du plan de travail quand vous l'étirerez verticalement.

Quand la pâte se décolle, ajoutez morceau par morceau le beurre mélangé avec le zeste de citron, et continuez de pétrir jusqu'à ce que la pâte se redécolle. Mais je vous rassure, ça ira plus vite cette fois. Vous obtenez un beau pâton, lisse et satiné. Mettez-le dans un saladier, couvrez d'un linge et laissez reposer 2 heures, toujours au tiède, vers 23-24 degrés.

Pendant ce temps, beurrez vos moules. J'ai des moules à kouglof, mais vous pouvez aussi choisir des moules à brioche, ou bien des moules en couronne, genre moule à savarin. Ce sera joli aussi.

pavot

Il est aussi temps de moudre le pavot. Soit dans un mixeur-blender, soit dans un moulin à café. Mettez-le ensuite dans un bol et couvrez-le d'eau bouillante jusqu'à sa hauteur. Laissez gonfler pendant 5-10 minutes, puis égouttez le pavot et mélangez-le avec les raisins secs.

Quand la pâte a reposé, elle a doublé de volume. Renversez-la sur le plan de travail fariné. Partagez-la en deux et étalez chaque moitié en rectangle, en l'aplatissant avec la main. Étalez le mélange de pavot, puis roulez la pâte, vous obtenez deux gros rouleaux. Réunissez les deux extrémités en couronne, et placez-les dans les moules. Couvrez d'un torchon et laissez encore fermenter au chaud jusqu'à ce que la pâte atteigne le bord des moules. Cela devrait durer environ 2 heures, à 24°C.

Un peu avant la fin des 2 heures, préchauffez votre four à 180°C. Faites cuire les brioches en les plaçant en bas du four, sans mettre la chaleur tournante. La cuisson dure 45 minutes à 1 heure, selon le moule utilisé. Ils cuiront moins vite dans un moule en terre cuite que dans un moule en métal. La surface doit devenir bien foncée, et doit sonner creux quand on la tapote.

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Démoulez les brioches 5 minutes après la sortie du four et laissez-les refroidir sur une grille. Saupoudrez-les de sucre glace ou badigeonnez-les du glaçage suivant : 100 g de sucre glace mélangé à quelques gouttes de jus de citron. Je ne l'avais pas fait avant la photo, mais je vous le recommande. Le goût acidulé du citron se marie parfaitement avec celui du pavot.

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Tenez, je vous en ai coupé une tranche. À déguster avec une bonne confiture !

 

Posté par _Marie_Claire_ à 07:58 - Du miel - Commentaires [ 19] - Rétroliens [ 0]
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mercredi 28 décembre 2011

Rognons poêlés sauce au cognac

Entre Noël et le jour de l'an, on n'a pas forcément envie de passer des heures en cuisine. Moi j'aurais plutôt tendance à faire la marmotte en hibernation... Une petite recette un brin canaille, très simple et rapide, cela vous dit ?

rognon

Voici un rognon de veau, juste poêlé, flambé au cognac, un nuage de crème, une poignée de persil pour la couleur, et qui est prêt à nous régaler en moins de 15 minutes ! (Et encore c'est si on traîne...)

Pour 4 personnes :
2 rognons de veau parés par le boucher
3 échalotes
25 g de beurre
5 cl de cognac
1 cuil. à soupe de moutarde
20 cl de crème liquide
Sel, poivre du moulin, persil plat ciselé

Détaillez les rognons en morceaux, en suivant les lobes. Ciselez les échalotes. Faites fondre le beurre dans une grande poêle bien chaude, et dès qu'il a fini de chanter, ajoutez les rognons salés et poivrés. Faites revenir 3 min environ à feu très vif, sinon les rognons vont rendre leur jus et vont bouillir au lieu de griller.  Ajoutez les échalotes, laissez cuire  jusqu'à ce qu'elles soient translucides. 

Mouillez ensuite avec le cognac, laissez chauffer puis enflammez. Admirez. Laissez les flammes s'éteindre toutes seules, ajoutez la moutarde et la crème, faites partir l'ébullition et laissez mijoter 5 min environ, jusqu'à ce que la crème soit bien liée.  Ne prolongez pas la cuisson, les rognons doivent rester rosés à cœur, sinon ils seront caoutchouteux. Goûtez, rectifiez l'assaisonnementt, donnez quelques tours de moulin à poivre, un peu de persil et servez tout de suite, avec du riz.

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Oui, c'est tout. Pourquoi se fatiguer ?

 

Posté par _Marie_Claire_ à 16:55 - Du sel - Commentaires [ 12] - Rétroliens [ 0]

samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël à tous

Ça y est ? Tout est prêt ? Les petits sont tout excités ? Peut-être même les grands aussi. Il ne manque pas une guirlande au sapin ? Les cadeaux sont emballés ? La volaille attend d'être mise au four ? Les huîtres sont ouvertes ? La crème pour la bûche est prête ? L'écuelle est remplie, pour les rennes du Père-Noël ?

CARLLARSSON

C'est avec cette jolie petite fille suédoise d'il y a cent ans, peinte par Carl Larsson que je vous souhaite un joyeux Noël.

D'ailleurs, saviez-vous que le mot français "joli" vient du mot suédois qui désigne aujourd'hui la fête de Noël, anciennement celle du solstice d'hiver dans la religion païenne : Jol ?  La fête du solstice d'hiver était celle du renouveau, du retour de l'espoir de la lumière dans la période la plus sombre et la plus froide de l'année. Maintenant le soleil remonte sur l'horizon, faisant croître la lumière un peu plus chaque jour. Ainsi que le dit le poète, c'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière ! (Il s'agit d' Edmond Rostand). Est "joli" tout ce qui est aussi émerveillant que la nuit de Noël.

Qu'une multitude de jolies étoiles brillent dans vos yeux et dans vos cœurs !

 

Posté par _Marie_Claire_ à 09:09 - Et des ailes - Commentaires [ 15] - Rétroliens [ 0]
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vendredi 23 décembre 2011

Besoin d'idées de dernière minute ?

Le Numéro de janvier 2012 de Cuisine Actuelle vient de paraître dans les kiosques. Vous y trouverez une foule d'idées et de conseils pour vos derniers préparatifs de fêtes.

CAJANV12J'ai réalisé dans ce numéro un menu festif un brin classique, mais juste ce qu'il faut.

En entrée je vous propose un onctueux cappuccino de cèpes avec des tuiles croquantes au cerfeuil, qu'on peut aussi servir en mini portions à l'apéritif, ou bien un épatant millefeuille de langoustines au vinaigre d'érable, garni d'épinards et de petites girolles.

En plat principal, un homard terre-mer aux lentilles, gentiment mijoté au vin blanc, avec des lardons de jambon.

Et en dessert, je m'étonne moi-même : une craquante meringue aux parfums sylvestres pour la Saint Sylvestre : des disques de meringue au cacao  et noisettes garnis d'une crème mousseline au miel et au parfum de cèpes séchés, ainsi que d'un caramel au beurre salé. Miam.

Le reste du magazine se feuillette avec gourmandise : un apéritif très graphique tout en noir et blanc, une galette des rois très gourmande aux cacahuètes, et des recettes de pot au feu en versions d'ailleurs, pour se régaler encore après les fêtes.

Bref, encore un indispensable. 80 recettes illustrées de magnifiques photos pour 2 euros... On n'a pas de raisons de s'en priver. Mmmm Je sens que vous allez encore vous régaler.

 

Posté par _Marie_Claire_ à 09:09 - Du ciel - Commentaires [ 6] - Rétroliens [ 0]
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mardi 20 décembre 2011

Bûche de Noël à la poire et marrons glacés

 

Le grand jeu. Écarquillez les yeux, la voilà, la bûche de Noël, la vraie, celle de l'enfance. Elle est au chocolat, parfumé d'un sirop à la poire, truffée de dés de poire et garnie de deux crèmes au marron, une mousseuse et légère au centre et une plus crémeuse autour. On décore, on se lâche sur le baroque et sur le kitsch. Et on se régale !

buch1

Je sais, il manque le petit nain en plastique avec sa hache.

Pour 8 à 10 personnes, et même 12, n'ayons pas peur.
Voici comment s'organiser : on confectionne toutes les préparations à l'avance : poires au sirop, biscuit, crème pour l'intérieur, crème pour l'extérieur, feuilles en chocolat blanc. On fait aussi le montage la veille. Seul le décor sera fait le jour-même, ainsi on n'est pas débordé.

La veille, ou 2 à 3 jours avant :
Faites cuire les poires dans le sirop :

3 poires
200 g de sucre
1 gousse de vanille fendue
5 cl d'eau de vie de poire

Pelez les poires, mettez-les dans une casserole avec le sucre, la vanille, et couvrez d'eau. Faites bouillir jusqu'à ce que les poires soient tendres, laissez-les refroidir dans leur sirop. (J'ai noté ici l'eau de vie dans les ingrédients, on s'en servira un peu plus tard).

Préparez aussi à l'avance les feuilles en chocolat blanc :
100 g de chocolat blanc de couverture (ou noir, ça marche aussi)
Une dizaine de feuilles de rosier, ou des feuilles de houx, bien propres

Râpez ou hachez le chocolat blanc. Faites-en fondre la moitié au bain marie, incorporez ensuite le reste de chocolat haché et mélangez jusqu'à ce que ce soit lisse. A l'aide d'un pinceau, recouvrez l'envers des feuilles avec une couche de chocolat. Faites-la un peu épaisse, au moins 2 millimètres, sinon vous aurez du mal à les décoller. Posez-les sur une assiette et laissez durcir au froid.
Les feuilles de houx conviennent aussi. Il faut des feuilles un peu coriaces, pour qu'elles se décollent du chocolat sans se déchirer. Mettez toujours le chocolat sur l'envers de la feuille, là où les nervures sont en relief. Faites-en un peu plus que nécessaire, en cas de casse inopinée.

Faites la crème épaisse aux marrons (pour l'extérieur de la bûche)
125 g de beurre mou
60 g de sucre glace
150 g de pâte de marrons
100 g de crème de marrons
10 cl de crème liquide
Quelques marrons glacés
Des perles en sucre argentées et rouges

La pâte de marrons est épaisse et sucrée, on l'achète dans les magasins de fourniture pour pâtissiers (à Paris chez Detou, à Poitiers chez Cantrel, sur le net chez Patiwizz ou Meilleurduchef). La purée de marrons n'est pas sucrée, on la trouve dans les grandes surfaces, elle existe en boîte ou en galets surgelés. Leur usage permet de mettre moins de gélatine. Vous pouvez toujours les remplacer par de la crème de marrons, mais alors soit vous augmentez la quantité de beurre à 200 g, soit vous ajoutez 1 feuille de gélatine.

Travaillez le beurre en pommade avec le sucre glace à l'aide d'une spatule, incorporez la pâte et la crème de marrons. Portez la crème liquide à ébullition, versez-la sur le mélange tout en remuant au fouet. On obtient une crème onctueuse, un peu molle, mais qui va durcir au froid. Couvrez d'un film au contact de la surface, et réservez au frais.

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La veille :
Faites  le biscuit :

25 g de fécule ou de de maïzena
25 g de farine de châtaigne
30 g de cacao en poudre
4 œufs + 2 jaunes
120 g de sucre
50 g de beurre, fondu

Préchauffez le four à 200°C. Tamisez ensemble la fécule, la farine et le cacao. Séparez les blancs des jaunes d'œufs, fouettez les 6 jaunes avec la moitié du sucre jusqu'à ce qu'ils blanchissent et moussent. Montez les blancs en neige en leur incorporant petit à petit le reste de sucre à partir du moment où ils sont à demi montés.
Mélangez le beurre fondu et refroidi avec les jaunes. Ajoutez le mélange de fécule et les blancs en neige, en soulevant délicatement le mélange.
Étalez régulièrement cette pâte sur une plaque doublée d'un papier sulfurisé. Enfournez à mi hauteur et laissez cuire environ 10 minutes.
A la sortie du four, retournez le biscuit sur un torchon propre mouillé puis bien essoré. Roulez le tout ensemble, biscuit, papier et torchon. Laissez refroidir ainsi.

Faites ensuite la crème légère aux marrons (pour l'intérieur de la bûche)
1 feuille de gélatine (2 g)
60 g de beurre mou
150 g de pâte de marrons
120 g de purée de marrons
25 cl de crème liquide très froide

Ici aussi, si vous utilisez de la crème de marrons à la place de la pâte, ajoutez 1 feuille de gélatine supplémentaire.

Faites ramollir la gélatine dans un bol d'eau froide. Battez au fouet le beurre mou, la pâte et la crème de marrons jusqu'à ce que ce soit bien homogène. Mettez 4 cuil. à soupe de crème liquide dans une casserole, ajoutez la gélatine bien essorée et faites dissoudre à feu doux. Mélangez ensuite cette gélatine dans la préparation. Montez la crème liquide en chantilly bien ferme et incorporez-la. Réservez 2 heures au frais. 

Réalisez le montage de la bûche:
Quand le biscuit  est bien refroidi, faites le montage du gâteau. Égouttez les poires. Faites réduire le sirop jusqu'à ce qu'il n'en reste que 20 cl. Ajoutez l'eau de vie de poires, retirez du feu. Étalez le biscuit, décollez le papier sulfurisé. Posez-le sur le torchon. Imbibez-le avec le sirop à la poire. Recouvrez le biscuit avec la crème légère aux marrons.
Coupez la chair des poires en dés. Éparpillez-les régulièrement sur la surface. En vous aidant du torchon, roulez le biscuit dans le sens de la largeur. Serrez bien. Emballez le gâteau dans un film alimentaire bien serré, placez au frigidaire pendant au moins 6 heures, le mieux est de le laisser toute la nuit.

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Voilà la bûche toute nue, elle a reposé toute la nuit, la crème est bien ferme, ça tient tout seul. J'ai égalisé l'extrémité bien net.

Le jour-même :
Faites le décor le matin pour le repas de midi, ou l'après midi pour le repas du soir.

Prévoyez :
Quelques brisures de marrons glacés, ou des marrons entiers,
Des perles argentées en sucre
Des perles rouges en sucre
... Et pourquoi pas :
Un petit nain en plastique, sa hache et sa scie
Quelques champignons en meringue
De la pâte d'amandes verte passée à travers une passoire pour imiter le lichen.


Sortez la bûche du frigo et déballez-la, posez-la sur le plat de service. Égalisez les extrémités pas belles, voilà l'occasion de goûter en avant première, puis recoupez-les en biseau et posez-les sur la bûche pour imiter les nœuds du bois. Sortez la crème au marron à température ambiante 15 min avant de l'utiliser et lissez-la avec un fouet. Recouvrez-en la bûche, soit avec une spatule et dessinez ensuite des rayures avec une fourchette pour faire l'écorce ; soit avec une poche munie d'une douille plate cannelée.

Décorez selon votre imagination. Séparez très délicatement les vraies feuilles de celles en chocolat puis placez-les sur la bûche. Si vous avez pris des feuilles de rosier, elles se décollent sans trop de difficulté, détachez d'abord le côté queue, tirez doucement et le reste va venir.

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Un petit trou sur la feuille en chocolat ? Ça fait encore plus vrai : c'est un trou mangé par un escargot...

Faites le tour, vérifiez que tout est en ordre, essuyez bien le bord du plat et réservez au réfrigérateur jusqu'au moment de servir.

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Voilà pour vous en exclusivité le making off. Admirez la concentration au moment de placer les brisures de marrons.

Je penserai à vous au moment de la découper, joyeux Noël à tous !

 

Posté par _Marie_Claire_ à 10:50 - Du miel - Commentaires [ 41] - Rétroliens [ 0]
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dimanche 18 décembre 2011

Bûche de Noël kitschissime, bientôt sur votre écran !

J'aime être démodée jusqu'à la provocation. J'assume. Pour moi, Noël c'est la tradition. Et la tradition, c'est la bûche. Mais pas la bûche carrée, cubique, sphérique, en forme de soulier, de machine à coudre ou de gant en caoutchouc comme en font les pâtissiers victime de designers ultra fashion, non. Chez moi, quelle originalité, la bûche est en forme de bûche.

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Avec l'écorce, les noeuds du bois, des petites boules de houx et les départs de branche. Il y a même des feuilles en chocolat. Et le pire, c'est que je n'en ai même pas honte. Et le pire du pire c'est que c'est très bon, aux poires, chocolat et surtout avec une crème légère aux marrons. Et même que les enfants font « ooooh ». (Les grands aussi d'ailleurs). Ce qui n'est pas toujours le cas avec les bûches cubiques. Pas toujours.

Bientôt la recette ! Ne la manquez pas : cliquez ICI.

 

Posté par _Marie_Claire_ à 17:15 - Du ciel - Commentaires [ 22] - Rétroliens [ 0]
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