samedi 11 septembre 2010
Premières impressions asiatiques
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Ce
n'est qu'à 10 000 km à l'Est de Bagnères de Bigorre et un peu plus au
Sud. C'est aussi dans le futur car ici on a le soleil 6 heures avant
l'hexagone. J'ai le dîner quand vous n'en êtes qu'au repas de midi... Le
temps s'écoule différemment, ça c'est sûr ! Pourtant on est sur la même planète. Enfin je crois.

On y atterrit après 12 (longues) heures d'avion, une première pour moi. J'arrive ici avec toute ma naïveté. Singapour, quelques îles, un petit point à extrémité de la Malaisie. Un degré au nord de l'équateur. Une pichenette.
On est frappé par l'immensité du hall de l'aéroport. Photo prise d'un escalator au milieu de cet espace immense — Il y en a autant de l'autre côté. Whouaou. Roissy-Charles-De-Gaulle est riquiqui à côté. Et quand on en sort, on est frappé par la chaleur humide des tropiques. Il est 7 heures du matin, on passe directement de la climatisation, réglée plutôt froide, aux 32 °C de l'air ambiant. Pfouh. Ils ont mis le chauffage dehors ! On croit entrer dans une buanderie. On a même de la buée sur les lunettes. J'imaginais mal supporter la chaleur dans les villes d'Europe. Maintenant il me semble que je n'aurai plus jamais chaud.

La ville est tournée vers la mer. Le ciel y est changeant, souvent bleu, avec un nuage de temps en temps. Mais quand parfois il pleut, ce n'est pas pour de rire, ça dure deux heure où toute l'eau du ciel tombe d'un seul coup, et ça fait à peine baisser la température.

La flamme olympique y brûla cet été, événement que les médias franco-franchouillards ont complètement passé sous silence, et pourtant des athlètes français y ont remporté 15 médailles, dont 6 en or ! Il s'agit des premiers Jeux Olympiques de la jeunesse, Rassemblant des sportifs de toutes les nations de la planète, âgés de 14 à 18 ans. Oserai-je conclure que quand il n'y a pas d'argent, de scandales ou de pouvoir en jeu cela n'intéresse personne ?

Le symbole de ce grand port est un animal mythique : un lion à queue de poisson nommé Merlion. Au XIV ° siècle, un prince réfugié sur ce coin de jungle crut y voir un lion, alors qu'en réalité il n'y avait que des tigres. Il avait sans doute besoin de lunettes, mais le nom resta : Singapura, signifie "la ville du lion" en sanscrit.

Les fleurs qui poussent au bord des chemins ne sont pas des pâquerettes ni des boutons d'or. La ville très verte ressemble à un grand jardin. Tropical, le jardin. Avec la chaleur et l'humidité qui règne ici, tout pousse, absolument tout ! Il y a aussi des endroits avec encore de la jungle. Si. Mais plus aucun tigre. Le dernier a été tué en 1905... sous le billard de l'Hôtel Raffles. A l'époque c'était vraiment l'aventure !

Cette ville est une mosaïque de peuples, de cultures, et de religions. Il y a quatre langues officielles, tous les panneaux sont traduits dans ces langues : anglais, chinois, tamoul et malais.
Côté cuisine, on peut y déguster toutes les spécialités de l'Asie, ou presque, et à des prix défiant toute concurrence : il revient souvent moins cher d'aller manger (fort bien) au restaurant que de faire la cuisine chez soi. Et il y a énormément de restaurants. Vous pensez bien qu'on ne s'est pas privés, vous allez bientôt vous en rendre compte. Ce blog dans les prochains jours va prendre des couleurs tropicales !
Avouez que ça va vous changer de la morosité de la rentée !
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jeudi 9 septembre 2010
Devinez dans quelle capitale gastronomique je suis
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Ce
n'est pas une destination de vacances habituelle, c'est plutôt un
endroit où l'on transite, où l'on est de passage. J'y suis restée plus
longtemps qu'un bref entre-deux, le temps de se poser et de regarder.
C'est une ville singulière et très dépaysante, et aussi une capitale gastronomique fort méconnue. Suivez-moi, chers lecteurs, je vous emmène en voyage...

Derrière la verdure les gratte-ciel, mais quel ciel ?

Vertige, verre, métal, vent et soleil. Mutuels reflets. Admirez la ligne des deux tours jumelles à gauche.

Des architectures toutes plus futuristes les unes que les autres. Mais c'est quoi le futur ? Ça existe ?

Quel est cet ovni perché près du bâtiment du Parlement ? 
Quand je vous disais que c'était une capitale gastronomique... même internationale !
Cette photo est un clin d'œil, mais si je vous indiquais les spécialités locales, vous trouveriez trop vite. La réalité du pays est qu'on y déguste des choses délicieuses, et que j'ai fait de belles découvertes. L'occupation favorite des gens de ce pays est : manger ! (Ça vous rappelle quelqu'un ? Non, vous êtes sûrs ?) C'est un sport national (avec le shopping, tout de même). Il y a des restaurants partout, un nombre incalculable de restaurants, de toutes les cuisines et de tous les styles, du plus gastronomique et luxueux des palaces jusqu'au petit marchand au coin de la rue. (Proportionnellement au chiffre de la population, la France est très loin derrière le nombre des restaurants qu'il y a ici !). Les gens sont capables de faire une heure de queue pour aller déguster tel ou tel plat qu'ils jugent le meilleur dans un établissement précis. Le pays a bénéficié depuis 150 ans des influences variées de nombreux pays et continents, et le résultat est une cuisine fusionnelle, originale, parfumée, haute en couleurs et absolument succulente. On en reparlera dans les prochains billets, avec des photos et des recettes !
Je vous laisse méditer quelques
jours ! Allez vous deviner le nom de cette ville ? Ensuite je vous
emmènerai à la découverte de ses délicieuses spécialités. Il n'y a rien à
gagner, seulement le plaisir de jouer et de partir à la découverte.
(Ceux qui me connaissent et qui savent, laissez jouer un peu les
autres...). Si vous trouvez, laissez un commentaire, ou bien écrivez-moi
en cliquant ICI. Promis, je vous répondrai !
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lundi 4 mai 2009
Une cuisine bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c'est étrange...
Internet nous réserve au détour de ses pages de
belles découvertes, des rencontres inattendues. Le hasard est parfois
déroutant dans la vie courante, mais sur internet il est
multiplié : on a de l’inattendu à chaque page. Du bon et du moins bon,
certes. Mais parfois on est récompensé par de jolies échappées, des
horizons qui s’ouvrent.
J’ai découvert un blog de cuisine tout à
fait spécial. C'est de la cuisine asiatique, mais bien plus que cela. Si vous ne
connaissez de la cuisine asiatique que les beignets de crevette, les nems et les sushis, vous ne connaissez pas
grand chose, je regrette de vous le dire. Moi même j’ai découvert là le début d'un
monde et je me sens un peu bête avec mon boeuf aux oignons et mon porc au caramel. Dans ce blog on comprend le fonctionnement des plats. Pourquoi tel goût ? pourquoi telle consistance ? Tel ingrédient ? Telle association ?
Il s’agit de L’Étrange Cuisine de Nick l'étranger,
blog bien nommé parce que vraiment original.
Nick
revendique deux
terres natales : la Corée et le Japon, il vit en France depuis 20 ans,
cela pourrait bien devenir sa troisième terre natale, et est passionné
de cuisine et de gastronomie. Il a un regard sur la cuisine et
l’alimentation complètement inhabituel, en un discours très sincère :
il parle de ce qu'il aime. Et ce n'est pas au ras des pâquerettes.
J'ai trouvé une vision de la cuisine au centre de laquelle se
trouve l’humain et ses cinq sens, son histoire, sa civilisation, sa
culture et son terroir dans ce que ces notions ont d’universel. Ce
n'est pas le terroir qui divise, c'est le terroir qui réunit.
Ce que
je dis peut paraître un peu intellectuel, mais en
réalité c’est une vision très sensuelle de l’alimentation. Nick analyse
toujours le goût de ce qu'il propose : le goût sucré-salé, l'aigre-doux, le goût du
fermenté qui donne , dit-il, de la profondeur, le goût du vieillissement, qui pour lui est un goût adulte, un goût qui s'acquiert après un apprentissage, le sec et le mouillé...
Et
c'est passionnant ! J'en reparlerai parce qu'il y a toute une réflexion
sur les goûts et la culture qui rejoint mes propres centres d'intérêts.
Quand je découvre un blog qui me plait , je vais
toujours chercher le premier message, le message fondateur. Et là, Nick annonce la couleur : il fera de la «
gaie cuisine ». Cela fait inévitablement penser au «
gai savoir » nietzschéen : une connaissance poétique, anticonformiste, joyeuse et libre de tous préjugés.
On trouve au fil de ce blog des recettes étonnantes et détonantes, des recettes qu’on ne trouve nulle part ailleurs, qui semblent bizarres aux occidentaux que nous sommes, souvent d’un grand raffinement, des trouvailles qui mêlent l’orient et l’occident en de fulgurants raccourcis gustatifs !
On y déguste par exemple un maki au boudin et au poivre de chichuan, un étonnant chocolat aux algues et à la fleur de sel, une côte de boeuf marinée à la coréenne, une gelée sucrée de haricots aux graines de sésame, des pains au levain et au soja, ou au seigle, ou à la cacahuète... oui pains au levain : étonnant, non ?
Quant à la brioche aux algues parfumée à la sauce soja, je vais m'empresser de l'essayer dès que je serai allée en reconnaissance à l'épicerie japonaise pour me procurer les algues. D'ailleurs ce blog donne envie d'aller fureter plus souvent dans les épiceries asiatiques.
Allez voir, vous serez surpris, surement un peu dérangés dans vos certitudes, peut-être interloqués, et aussi parfois émerveillés, mais toujours intéressés, je pense. Oubliez vos préjugés, en route c'est par ICI.
mardi 7 avril 2009
Boeuf aux oignons
Ce grand classique de la cuisine chinoise nous sauve la vie, les jours où on n'a pas le temps et pas d'idées, ça arrive.
Pas besoin de matériel compliqué, ni d'une grande
cuisine, il suffit d'une poêle. Si on a un wok, c'est le moment de
l'utiliser. En comptant la cuisson du riz, tout est prêt en 15 minutes.
Pour 4 personnes :
400 g de rumsteck en une seule tranche épaisse
1 petit morceau de 2 cm de gingembre frais râpé
1 cuil. à café de cassonade
1 cuil. à soupe de vinaigre de riz
5 cl de sauce soja
4 gros oignons
5 cl de bouillon de volaille
1 cuil. à soupe de maïzena
1 cuil. à café d'huile de sésame
Huile d'arachide pour la cuisson
On
détaille le boeuf en fines lamelles perpendiculairement aux fibres de
la viande, c'est important pour avoir une viande bien tendre. On pèle
et on râpe le gingembre.
On met boeuf et gingembre dans un bol, on ajoute le sucre, le vinaigre et la sauce soja, on mélange et on laisse reposer. On épluche les oignons, et on les coupes en lanières. On mélange la maïzena et le bouillon, on réserve.
Dans une grande poêle, on chauffe à feu très vif une cuillerée d'huile d'arachide. On y fait revenir le boeuf qu'on a égoutté de sa marinade. Il doit être bien saisi. On le laisse cuire 2 min en remuant. On le débarrasse sur une assiette.
On rajoute 1 cuillerée d'huile dans la poêle et on y met les oignons, toujours à feu vif. On les fait cuire en remuant jusqu'à ce qu'ils soient légèrement colorés, mais encore un peu croquants. Ça prend environ 3 min. On remet alors le boeuf dans la poêle, ainsi que le jus qu'il a rendu. On ajoute le mélange de maïzena et la marinade du boeuf, et on laisse bouillir 2 min, tout en remuant. En dernier on incorpore l'huile de sésame.
On sert tout de suite sur un bol de riz et on assaisonne à volonté de sauce soja.
Je vous rappelle la méthode infaillible pour la cuisson du riz, c'est ICI.
A vos baguettes !
lundi 12 janvier 2009
Porc au caramel et son riz parfumé
Une gourmandise, ces morceaux de porc dorés caramélisés, avec un goût bien relevé. Ils sont enrobés d'une sauce épaisse, sirupeuse et veloutée. C'est un petit délice qui nous vient d'Orient.
On le sert simplement sur un riz parfumé Thaïe ou du Viet Nam. Je vous donne ici une méthode simple pour obtenir le même résultat que dans un cuiseur à riz : des grains tendres et pas en bouillie. Cette méthode fonctionne aussi pour cuire le riz basmati.
Porc au caramel pour 4 personnes :
4 tranches de poitrine de porc fraîche de 1 cm d'épaisseur
100 g de sucre
50 cl de bouillon de bœuf
2 échalotes finement émincées
1 gousse d'ail hachée
Nuoc mam
Sauce soja
On recoupe la poitrine de porc en morceaux de 2 cm de largeur. Ne faites pas la recette avec du filet ou de la rouelle de porc, ce serait trop sec. Les morceaux qui conviennent doivent être un peu grassouillets : l'échine, ou la poitrine.
On met le sucre dans une cocotte et on le laisse caraméliser à sec.
Quand il commence à se colorer aux bords, on mélange pour unifier la
couleur. Dès qu'il devient foncé, on verse le bouillon (si on n'a pas
de bouillon, on met de l'eau, c'est un peu moins bon mais ça fonctionne
quand même) avec précautions, en faisant attention aux éclaboussures
bouillantes. Le sucre prend en masse : on remue sur le feu jusqu'à ce
que cela refonde.
A ce moment-là, on ajoute les échalotes et l'ail.
On fait reprendre l'ébullition. On verse alors un trait de nuoc mam,
puis on met la viande dans la cocotte. On remue, on ajoute une belle
giclée de sauce soja et on règle le feu pour que cela bouillonne à gros
bloup bloups.
On ne couvre pas la cocotte. On laisse cuire jusqu'à ce que le jus, très liquide au début, s'évapore presque
entièrement. Cela dure environ
45 minutes. Vers la fin, on remue de temps en temps. Le jus
s'épaissit et devient une sauce veloutée, caramélisée qui enveloppe les
morceaux de viande.
Comment résister à cette belle couleur ? La
viande est tendre, juteuse, savoureuse.
On arrête la cuisson quand la viande est enrobée d'un jus épais comme un sirop.
Dans le même temps, on prépare le riz.
Le riz parfumé, pour 4 personnes :
400 grammes de riz parfumé
520 grammes d'eau, soit 52 cl
1 pincée de sel
Le principe: on multiplie le poids du riz par 1,3 et on obtient le poids de l'eau en grammes.
On laisse tremper le riz 15 min dans de l'eau froide puis on le
rince dans 3 ou 4 eaux, jusqu'à ce que l'eau soit claire. On l'égoutte
dans une passoire.
On verse la quantité d'eau pour la cuisson dans
une casserole, on sale et on porte à ébullition. Dès que l’eau bout, on
verse le riz et on remue une fois.
On couvre la casserole en intercalant un papier d'aluminium sous le couvercle, pour que ce soit bien fermé.
On
attend l'ébullition : on prête l'oreille, et on guette son bruit car il
ne faut surtout pas ouvrir le couvercle jusqu'à la fin de la cuisson.
Donc,
dès qu’on entend l'ébullition, on baisse le feu au minimum. On compte
10 minutes. On éteint le feu, et on attend 5 minutes avant d'ouvrir le
couvercle.
Je récapitule : 10 minutes de cuisson à feu très très doux, et 5 minutes feu éteint.
Quand
on soulève le couvercle : oh la la, le riz est parfait, toute l'eau est absorbée, les
grains sont bien entiers, tendres, on n'a plus qu'à remuer avec une
fourchette pour les détacher.
On répartit ce riz dans des bols et on
dépose dessus les morceaux de porc, sans oublier la sauce caramel. On
assaisonne avec de la sauce soja, si ce n'est pas assez salé.
Vous n'avez plus qu'à vous entraîner pour manier les baguettes !



















