Niedersteinbach, on y arrive après un long périple. C'est dans le nord de l'Alsace, au bout d'une route merveilleuse, une route comme dans les contes de fées, qui longe une rivière perdue dans d'immenses forêts, où l'on passe entre des écureuils et des chevreuils furtifs. On se dit que Hänsel et Gretel doivent jouer là pas loin dans une clairière. C'est entre Bitche et Wissembourg, une région riche en bonnes tables autant qu'en forêts mystérieuses. Aujourd'hui, pas d'emphase, juste du bonheur. Et rien d'autre.

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Dans le village niché au cœur des bois, on ne peut manquer cette grande maison alsacienne et son vaste parking pratiquement toujours plein ! Oui, en Alsace, les bonnes maisons sont reconnues et on s'y précipite, je suppose qu'en cette province on aime le bonheur. Le chef, Michel Zinck, est un vieux de la vieille (enfin c'est une façon de parler, il n'est pas si vieux quand même), qui a débuté dans de belles maisons comme Lameloise à Chagny, ou Georges Blanc à Vonas, si, si. On vient chez lui pour déguster une cuisine classique, un brin régionale, où transpire non pas le bling bling, mais de la sincérité, de l'amour, n'ayons pas peur des mots, derrière un métier éprouvé.

Si toutefois vous étiez impressionnés pas ces hauts murs, la gentillesse du service dirigé avec le sourire de Madame Zinck vous met à l’aise tout de suite. Le rapport qualité-prix des menus semble incroyable, mais malgré le décor de contes de Grimm, poêle en faïence et boiseries, c'est vrai. 

Ce jour-là, c'était à la fin de l'automne. Après les bouchées apéritives qui sont de grande qualité avec la fraîcheur fruitée d'un muscat, cette terrine de caille et ris de veau a fait notre bonheur, entourée de fraîches salades de petites pousses et d'un petit œuf de caille au plat. Une belle tranche de terrine très goûteuse, faite dans les règles de l'art, bien assaisonnée, incrustée de pistaches, et de morceaux de viande.

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C'est la saison du gibier, le civet des Seigneurs nous tend les bras. La viande peut varier selon l'approvisionnement : chevreuil, biche, cerf, sanglier, mais la recette est toujours la même et on ne s'en plaint pas : un long mijotage dans le vin lui donne toute sa saveur.

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La sauce est dense, corsée, parfumée, la viande fondante à souhait, c'est un vrai délice.

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Les garnitures sont classiques et généreuses : purée de châtaigne, quenelle de pomme de terre et figue rôtie. Et les spätzle maisons sont fameux ! Un pinot noir de Colette Faller là-dessus, et tous les anges du paradis sont autour de la table.

En d'autres saisons, on se régale aussi avec la sublime quenelle de brochet gratinée dans sa sauce. J'en rêve encore. Ou le loup en croûte de sel qu'on vient vous présenter à table dans sa gangue, et le découper devant vous à l'ancienne.

Pour le dessert, on peut opter pour le vacherin glacé, le croustillant de crème brûlée à la rhubarbe, ou encore le chariot de dessert.  C'est qu'il a trois étages, le chariot de dessert, trois étages de pâtisseries du jour, entremets, crèmes, mousses ou salades de fruits qui font craquer tous les gourmands et rendent le choix difficile. Vous pouvez prendre de tout si vous avez encore faim, mais compte tenu de la générosité des plats... Ce jour-là, il y avait de la tarte aux quetsches toute fraîche sur le chariot, alors pour moi le choix fut vite fait.

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La tarte aux quetsches était divine. La prochaine fois, je prendrai le vacherin. Il ne reste plus qu'à aller faire une grande promenade dans la forêt. Cela tombe bien : les chemins de randonnée ne manquent pas à partir du restaurant. En ce moment ils doivent être sous la neige. Pensez-y, les vacances de février ne sont pas loin.

Le Cheval Blanc
11, rue Principale
67510 Niedersteinbach
Tél. 03 88 09 55 31