vendredi 29 juillet 2011
Des fruits, du sucre, un peu de pâte... on improvise un dessert
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Un reste de pâte brisée d'une précédente tarte ? Et hop, en quelques minutes, voilà 4 tartelettes complètement improvisée avec 4 figues rescapées que les guêpes n'ont pas mangées (c'est fou comme les guêpes sont attirées par les figues!), 4 abricots qui s'ennuyaient dans la corbeille de fruits et une poignée de mirabelles ramassées sous l'arbre en avant première (elles sont en avance cette année !).

Après tout, c'est les vacances alors on se décontracte, et si les tartelettes ne sont pas orthodoxes, c'est encore meilleur !
Tartelettes multi fruits, pour 4 personnes
250 g de pâte brisée sucrée (soit une pâte faite avec 150 g de farine, 75 g de beurre, 1 pincée de sel, 1 cuillerée de sucre, 1 jaune d'oeuf et 2 cuillerées d'eau).
4 abricots, 4 figues, 20 mirabelles
4 cuil. à soupe de poudre d'amandes
2 à 4 cuil. à soupe de sucre, selon la maturité des fruits
Allumez le four à 180°C (th 6). Garnissez 4 moules à tartelettes avec la pâte. Etalez dessus la poudre d'amandes. Coupez les abricots et les figues en quartiers, les mirabelles en 2 et répartissez ces fruits dans les fonds de tarte. Saupoudrez un peu de sucre.
Enfournez pendant 20 minutes environ, en surveillant la couleur. Démoulez sur une grille 5 minutes après la sortie du four.

Servez-les à température ambiante, avec une boule de glace à la vanille. C'est bon, c'est juteux, acidulé, parfumé. Les saveurs des fruits s'entremêlent et se superposent, c'est un des meilleurs desserts qu'on puisse imaginer.
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lundi 25 juillet 2011
Les Orangeries : calme et gourmandise au fond d'un grand jardin
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Ne manquez pas de faire une halte dans cet endroit paradisiaque qui s'appelle Les Orangeries, si la route de vos vacances vous amène à Lussac les Châteaux. C'est au sud de Poitiers en destination de Limoges, sur l'itinéraire bis pour aller dans le Sud Ouest.
C'est une belle maison du XVIII° siècle admirablement rénovée par la maîtresse de maison Olivia Gauthier et son mari architecte, nichée dans la verdure. Idéal pour se délasser des fatigues de la route. L’hôtel compte une petite quinzaine de chambres, et a la particularité d'être labellisé Ecolabel Européen, c'est même le premier hôtel qui reçut ce label en France. La restauration fut faite avec des matériaux naturels du pays : chaux, sable, fer forgé, chanvre, pierre et bois. Le résultat est de toute beauté. Voyez donc ICI, clic la démarche.
L'accueil est gentil, le décor a beaucoup de charme, les chambres confortables et toutes différentes. C'est une grande maison avec des recoins et des petites pièces pour prendre un verre ou se reposer. Sous les combles à l'imposante poutraison, se trouve une magnifique et vaste salle de billard avec des fauteuils profonds où l'on peut jouer à des jeux de société, lire ou rêvasser.
A moins qu'on préfère se promener dans le grand jardin pour surveiller le mûrissement des fruits du verger, lézarder près de la piscine (qui mesure 30 mètres de long) ou faire la sieste dans un hamac à l'abri d'un auvent.
Et côté cuisine ? Produits bio, charme et saveurs.
On peut prendre les repas dans le patio, ou sur la terrasse à l'ombre du figuier ou du grand noisetier.
Le chef, David Royer est amoureux des bons produits, cultive son potager bio à deux pas de l'hôtel et s'approvisionne chez des petits producteurs locaux pour les fromages, les viandes et les légumes qu'il ne produit pas lui-même. Tous sont en agriculture durable. Le poisson vient de la Cotinière, dans l'île d'Oléron. Et le pain est fabriqué par un bon boulanger, bio aussi.
Il ne suffit pas d'avoir de bons produits, il faut aussi savoir les cuisiner !

Pour commencer, ce maquereau à l'escabèche est cuit à la perfection dans une tombée d'huile d'olive, puis mariné dans sa sauce acidulée, marié à des carottes fondantes, et quelques touches de tapenade d'olives noires. C'est vif, frais, bien relevé, épatant.

Pour suivre, un maigre, c'est un poisson des côtes charentaises de la famille du bar, nappé de sa sauce crémée mousseuse aux saveurs citronnées, avec de fondantes et délicieuses petites pommes de terre de Noirmoutier et de champignons. Là on est dans la douceur et la rondeur, que souligne encore la légèreté aérienne de la sauce.
A moins que vous ne préfériez un filet de pigeon gourmand et dodu, accompagné de carottes au miel et d'une purée de petits pois à la pistache. Sucré-salé léger, pigeon très tendre et sauce goûteuse.
Et pour le dessert je me suis laissée tenter par un entremets au chocolat blanc et à la fraise charlotte, de beaux morceaux de fraises sous une mousse au chocolat blanc, escorté d'un sorbet fraise et basilic, une réussite. Un dessert frais, léger et qui a de la saveur. (Petit détail pas anodin : même la tuile en sucre était parfumée !)
Le rapport qualité-prix est excellent. Ce menu, entrée, plat et dessert est à 32 € 50 et que si vous lui rajoutez le plateau de fromages (avec de très bons chèvres de la région, mais pas seulement), il passe à 35 €.
C'est une très bonne adresse. Non, ne me remerciez pas tout de suite, allez-y d'abord...
Les Orangeries
12, avenue du docteur Dupont
86320 Lussac-Les-Châteaux
Tel : +33 (0)5 49 84 07 07
jeudi 21 juillet 2011
Les Maatjes, on les déguste maintenant, ou dans un an !
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Il est des produits bénis, des choses miraculeuses, on se demande comment elles existent et surtout comment elles sont encore préservées de nos jours. On découvre que c'est dû au talent conjugué de la nature et des hommes, et on est réconcilié avec la vie. Tout droit venu de la mer, transformé par des hommes passionnés, voici le hareng nouveau, le maatjes, qu'on pêche seulement entre le début juin et la fin juillet.
Ce petit poisson grassouillet et délicat est attendu chaque année par les Belges avec autant de cérémonie que nous attendons le beaujolais nouveau. (Sauf qu'entre le maatjes et le beaujolais nouveau, hum, je n'hésite pas une seule seconde à prendre le premier).
Le procédé a été mis au point par les hollandais. Son autre nom est d'ailleurs "le hollandais nouveau".
Les harengs vivent dans les mers froides en bancs de plusieurs milliers d'individus. C'est une chose extraordinaire et magnifique de regarder évoluer un banc de harengs. À la pensée que ces poissons ont sauvé l'Europe de la famine durant tout le Moyen Age et jusqu'à l'époque moderne, on a du respect pour eux. Le hareng en caque était souvent la seule source de protéine dans l'alimentation des populations, même loin de la mer, et c'est aussi pourquoi le sel revêtait une si grande importance à cette époque des gabelles, mais c'est une autre histoire.
Contrairement à nous les humains, en hiver les harengs perdent du poids.
Au printemps, la mer s'enrichit de plancton et alors les harengs s'en régalent : ils engraissent et prennent un quart de leur masse en graisse. Si. Au moins eux ne se demandent pas comment ils vont rentrer dans leur maillot de bain l'été ! C'est entre la fin mai et la fin juillet qu'ils ont le taux de graisse idéal qui les rend fondants et soyeux à souhait. A cette époque ils ne se sont pas encore reproduits. Maatjes signifie "vierge". Plus tard, à partir du mois d'août, ils seront tellement occupés à faire des bébés que cela rendra leur chair moins tendre et savoureuse. On ne peut pas tout avoir.
On l'avale en le tenant par la queue.
Sur le bateau de pêche, les poissons sont éviscérés (on laisse toutefois le pancréas qui provoque une fermentation et joue un rôle dans la saveur finale — Encore un exemple du grand mystère des nourritures fermentées—), puis brièvement congelés comme l'oblige la loi pour éliminer un ver très dangereux pour notre santé, qui doit être un méchant cousin de l'anisakis. Ils sont ensuite caqués, c'est à dire mis en fûts (aujourd'hui les fûts ne sont plus en bois mais en plastique), et saumurés brièvement avant d'être consommés dans les jours qui suivent. Ils peuvent aussi être recongelés si l'on veut les garder "nouveaux"plus longtemps et avoir du maatjes au mois de décembre (ce qui est aussi aberrant que les fraises en février, les asperges en octobre ou les coquilles saint jacques en juillet...) Si on laisse faire le processus naturellement, le saumurage fait son effet, les poissons se conservent un an ou plus, mais n'ont plus cette fraîche et verte saveur, ce sont de simples harengs salés.
Le saumurage de quelques jours seulement, est toutefois suffisant pour assurer une maturation de la chair du poisson. Le début de fermentation lui fait acquérir une saveur particulière, un brin d'amertume. Au moment de le consommer, le poisson est pelé et désarêté en laissant les deux filets attachés par la queue. La chair est rosée, elle s'apparente à celle des sashimis, ou du gravlax. C'est comme un poisson cru mariné, pas du tout un hareng saur ! Elle est tendre, extraordinairement fondante en bouche et très peu salée. Traditionnellement on le mange "à la régalade", en le tenant par la queue et en le faisant glisser dans sa bouche d'un geste auguste et élégant.
Si vous voulez en savoir plus sur la vie, les mœurs et les qualités des Maatjes, rendez-vous sur cette page, où tout est très bien expliqué. Vous verrez que c'est même très bon dans l'équilibre alimentaire, au cas où vous vous inquiéteriez pour votre maillot de bain.

Moi, je ne me pose pas la question du maillot de bain. Étant loin de la Belgique, je suis allée dans un de mes restaurants préférés, Trésor Belge, à Pouancay, dans la Vienne, près de Saumur, pour déguster ces merveilles, accompagnés de leurs rouelles d'oignons crus et d'un petit verre de genièvre, comme il se doit.

Et comme je suis gourmande, j'ai pris le menu du moment, avec le Potjes Vleesch, un plat d'été originaire des Flandres françaises qu'André Willemsen cuisine à la perfection. C'est un mélange de trois viandes blanches cuites dans un bouillon parfumé qui prend naturellement en gelée en refroidissant. Ça se déguste froid, avec des frites et une petite salade. Miam.
Et comme dessert ? Une soupe de fraise à la bière parfumée à l'estragon du jardin. On la savoure autant que la bonne humeur communicative de Marc de Cock qui nous sert le repas, et voilà une belle journée estivale !
Trésor Belge
1 Allée du Jardin Secret
86120 Pouançay
tel : 05 49 98 72 25
Par la même occasion, je souhaite une très bonne fête nationale à tous les Belges qui me lisent !
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mardi 19 juillet 2011
La ciboulette au prix du caviar
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Peut-être avez vous vu dans votre supermarché habituel, ces petits flacons d'herbes lyophilisées, que je n'ai pas manqué de photographier au passage, tellement j'ai voulu me prouver à moi-même que je n'avais pas la berlue. Et j'ai failli tomber à la renverse.
Et pourtant ils ont l'air bien anodins, ces flacons vendus pour la somme presque modique de 3 euros et 20 centimes.
Modique la somme ? Oui, mais le problème c'est que, modique, la marchandise l'est aussi. Il n'y a que 9 grammes de produit dans le flacon. Soit moins d'une cuillère à soupe. Regardez le prix au kilo : la ciboulette est à 355 euros, pas mal hein ? Je vous fais grâce des cinquante six centimes après la virgule.
À côté, les échalotes, avec leur 91, 43 euros le kilo paraîtraient presque bon marché... sauf que le filet d'échalotes fraîches, un peu plus loin, est entre 5 et 6 euros le kilo...
Vous me direz : oui, mais elle est lyophilisée, la ciboulette. Et alors ? Ça n'en reste pas moins de la ciboulette, ça n'est pas du safran ! Et lyophilisé, de toute façon, ça n'a plus aucune saveur. Mettez des confettis verts en papier recyclé, vous aurez le même résultat pour un prix moindre. Quand je pense que la ciboulette pousse dans mon jardin comme une mauvaise herbe et que je suis obligée de l'arracher... j'ai de l'or entre les mains et je ne le savais même pas !
Ça donne envie de s'en installer un petit pot sur le coin de la fenêtre, non ? Vous la coupez au fur et à mesure des besoins, et ça repousse !
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jeudi 14 juillet 2011
& la suite... ou : toujours debout malgré la tempête
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La suite, c'est le nom d'un nouveau restaurant de La Rochelle, situé sur le port à deux pas de la tour de la chaîne. La suite de quoi ? C'est la renaissance de la Maison des Mouettes d'Aytré, ravagée par la tempête Xynthia voici un peu plus d'un an. Et c'est une belle histoire de désastre qui finit bien.
Stéphanie et Johan Leclerre (MOF en 2007) ont tout perdu durant cette nuit cauchemardesque du 27 février 2010. Le restaurant gastronomique qu'ils avaient depuis 15 ans, et le nouvel hôtel flambant neuf qu'ils venaient d'ouvrir. Mais ils furent heureux de ne pas avoir perdu la vie, ni celle de leurs enfants. Il y eut deux morts dans leur rue, dont un bébé dans son berceau.
L'hôtel était plein ce soir là et le restaurant aussi affichait complet, malgré l'alerte de Météo France. La Maison des Mouettes a déjà subi la tempête de 1999, avec ses 50 centimètres d'eau dans le restaurant : cette fois, Johan avaint pris la précaution de remplir des sacs de sable et de les placer devant les ouvertures, pour résister au poids de l'eau. Stéphanie avait envoyé les enfants chez ses parents, plus loin à l'intérieur des terres. S'il fallait écoper l'eau, gérer les dégâts, rassurer les clients : pas utile d'avoir à s'occuper des enfants par dessus le marché.
Stéphanie prévint ses clients que le restaurant fermerait à 23 heures. Certains se moquèrent : des alertes à la tempête, il y en avait déjà eu.. mais le restaurant ferma néanmoins à 23 heures. Les clients de l'hôtel regagnèrent leur chambre munis d'une lampe torche en prévision d'éventuelles coupures d'électricité durant la nuit.
A la fin de la soirée, Stéphanie téléphona au service météo du port de La Rochelle. On lui expliqua que le vent ne serait pas le plus à craindre. Mais l'eau. La haute mer était prévue à 2 heures du matin, et ce serait une grande marée. La conjugaison de cette marée et de la tempête était inquiétante. Stéphanie et Johan se félicitèrent pour les sacs de sable, conseillèrent aux clients de l’hôtel de rester dans leur chambre sans en sortir jusqu'au matin, et mirent quand même le réveil à 2 heures du matin.
Quand ils descendirent au rez de chaussée, l'eau était montée à 1 mètre 80, malgré les sacs de sable. Et ça continuait à monter...
Heureusement, les clients ne risquaient rien dans leur chambre toutes surélevées. Un coup de fil dans chaque chambre pour leur dire de ne pas sortir et de ne surtout pas appeler l’ascenseur ! Au lever du jour ce fut l'apocalypse que l'on devine... le ballet des pompiers en barque, les appels au loin, le désespoir. Leur souci : ne pas attirer l'attention des pompiers, car ils étaient sains et saufs, alors que d'autres personnes en avaient sans doute plus besoin qu'eux... un comble !
Dans les mois qui suivirent, après moults débats, attente, tergiversations, promesses, espoirs, faux espoirs, découragement, le restaurant fut classé en zone noire, il est d'ailleurs démoli depuis quelques jours et ne sera jamais reconstruit.
Il fallut beaucoup de courage, de volonté, de persévérance, de travail insensé et de ténacité pour que ce jeune couple parvienne enfin à faire renaître l'entreprise, sachant que pas un seul centime du fond de commerce n'a été remboursé par l'assurance. Le résultat est enfin là, et c'est savoureux !

Page de gauche, une carte bistrot ; page de droite, une carte gastro.
C'est un endroit où l'on peut venir déguster à la fois des plats (apparemment) simples style bistrot, et des plats gastronomiques élaborés. On peut manger un tartare de boeuf, des sardines grillées ou un club sandwich, (mais attention, pas n'importe lesquels !) ou encore un homard, du foie gras ou des ris de veau. Sur la carte, à gauche, les plats bistrot et à droite les plats gastro. On peut rester dans un même style tout au long du repas, ou bien prendre une entrée ici et un plat là...
C'est ouvert toute la journée, s'il vous prend l'envie d'arriver à quatre heure de l'après midi pour déguster une pâtisserie, ou même un club sandwich, c'est possible, ou à 18 heures pour une simple coupe de champagne, c'est encore possible car il y a un bar à champagnes avec un grand choix. La carte des vins est très belle aussi d'ailleurs.

Le décor est contemporain, branché, ce n'est pas ce que je préfère, mais moi c'est surtout la cuisine qui m'intéresse. Il y a plein de niveaux différents, un étage, plusieurs salles, une terrasse, et des recoins multiples pour ceux qui veulent être tranquilles.
La cuisine est celle d'un MOF : technique irréprochable, assaisonnements parfaits, choix de produits de grande qualité. C'est goûteux, enlevé, sans tralala, mais avec beaucoup de technique. Les recettes classiques sont à peine revisitées, les recettes modernes ou inventées ont ce fond de classique auquel on reconnaît les grands cuisiniers. La carte change toutes les semaines !

Grande spécialité de la maison: le pavé de boeuf fumé aux aiguilles de pin, sur une sauce émulsionnée mousseuse genre hollandaise, argh c'est bon ça ! Ici il est en version amuse bouche, mais c'est en vrai plat sur la carte.
Une lotte rôtie aux épices, divinement tendre, sur des petits légumes et une exquise sauce beurre-ciboulette-caviar.
Autre spécialité du chef : la sole meunière, un grand classique indémodable. Ici aussi, c'est une version dégustation avec ses feuilles de romaine braisées et gnocchis de pommes de terre, et le beurre meunière en cordon sur l'assiette. La sole est présente en plat principal sur la carte, et pas forcément avec cet accompagnement, car c'est en fonction de la saison et des arrivages. La sole est un des incontournables que les clients redemandent.

Un ris de veau aux petits légumes et son jus corsé, sirupeux, succulent, comme je les aime.
Et pour le dessert, le choix est difficile entre le soufflé chaud au Grand Marnier, la salade de fraises au sucre pétillant et le pavé praliné accompagné de sa glace vanille. Rien d'original, mais beaucoup de gourmandise. On peut prendre les trois ?
La Suite est une de mes adresses fétiches de la région Poitou Charentes, j'y vais et j'y retourne.
La Suite
15, rue de la Chaîne
17000 La Rochelle
Tel : 05 46 50 51 98
samedi 9 juillet 2011
Epaule d'agneau grillée avec amour, un barbecue et une sauce aux herbes
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Une épaule d'agneau cuite entière au barbecue, bien grillée, juteuse et savoureuse, qui peut régaler d'un coup 5 ou 7 personnes, cela vous dit ? Alors préparez les braises.
Il n'y a pas de quantités pour cette recette, c'est une recette comme je les aime : on la fait comme on la sent, comme ça nous plait.
On choisit une belle épaule d’agneau de pays. Le mien venait du Poitou, et il est excellent. Mais il y a plein d'endroits en France où la viande d'agneau est merveilleuse : Lubéron, Causses, Midi-Pyrénées, Lot, et j'en passe... Je ne peux pas les citer tous, mais dans tous les cas choisissez celui de la région de votre cœur, plutôt que de l'agneau tout venant et anonyme sorti d'une barquette en polystyrène.
Demandez au boucher de désosser l'épaule, et de la laisser entière, non roulée ni ficelée (ce que vous ne pouvez pas demander à une barquette en polystyrène). De retour chez vous, ouvrez l'épaule sur le plan de travail, la peau en dessous. Fendez-la entre les muscles de manière à pouvoir l'ouvrir à plat, comme un livre.
Saupoudrez-la de sel, poivre et de toutes les herbes que vous aimez, finement ciselées. J'ai mis du thym, du romarin et de la sauge du jardin. Choisissez des herbes fraîches, ainsi elles ne brûleront pas lors de la cuisson. Soyez généreux. Et enfin répartissez sur toute la surface un filet d'huile d'olive. Montrez-lui que vous l'aimez, à votre épaule d'agneau.
Recouvrez d'un film étirable et laissez reposer à température ambiante le temps d'allumer le barbecue. Chauffez la grille, ne la placez pas trop près des braises. Ménagez un endroit sans braises, une zone refuge pour y placer la viande si l'huile d'olive venait à s'enflammer. Faites cuire en tout une vingtaine de minutes, en commençant par le côté peau dessous, et en la tournant de temps en temps. Ne la brusquez pas, elle doit colorer tout doucement et finir par être rosée à cœur dans les parties les plus épaisses. Les parties minces grillent et la peau devient croustillante, c'est ça qui est très bon.
Laissez-la reposer ensuite pendant 10 minutes sous une feuille d'aluminium avant de la trancher. Coupez des tranches sur toute la largeur, ainsi chaque convive aura un morceau de chaque cuisson, du croustillant au rosé.
Accompagnez d'une belle poêlée de légumes frais, de pommes de terre nouvelles rôties sous les braises ou bien au four, et d'un peu de fromage frais aux herbes.
Mon fromage frais aux herbes pour accompagner les pommes de terres rôties et la viande grillée au barbecue :
Ciselez une échalote, une belle touffe de ciboulette, du persil et du basilic si vous en avez. Mettez tout ça dans un bol avec 1 cuil. à soupe de jus de citron, 1 cuil. à soupe de vin blanc, du sel et du poivre. Ajoutez 250 g de fromage frais en faisselle bien égoutté, puis suffisamment de crème liquide pour obtenir une sauce épaisse, soit environ 10 cl. Goûtez et rectifiez l'assaisonnement en jus de citron, sel et poivre. On peut aussi ajouter une cuillerée de moutarde.
Versez cette sauce sur les pommes de terres chaudes, une bouchée de viande et voilà, c'est le bonheur, on a besoin de rien d'autre.
Ah si, débouchez quand même une bouteille de coteau du Ventoux, et la vie sera belle !
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samedi 2 juillet 2011
Divine panna cotta comme autrefois : sans agar ni gélatine
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De la pure soie dans la bouche. Telle est la panna cotta originelle, comme elle existait dans le nord de l'Italie au début du XIX° siècle. À l'époque, les mammas n'utilisaient ni gélatine, ni agar agar pour faire prendre la bonne crème des vaches piémontaises ! Bien sûr que si, c'est possible.

C'est un dessert aussi joli que bon, on peut l'agrémenter de fruits rouges, d'une compote d'abricots ou de pêches, d'une sauce au caramel ou au chocolat. Je vous propose une version aux fraises. Je ne résiste pas à cet accord blanc et rouge.
La panna cotta, ça peut-être le meilleur comme le pire. Dans le meilleur des cas, elle est d'une bonne crème, dans le pire la crème est allégée ou mélangée à du lait. On la colle généralement à la gélatine et si on en met trop, cela devient du caoutchouc et n'a plus aucun goût. Mais c'est sans cuisson. Alors pourquoi l'appelle-t-on panna cotta, qui signifie "crème cuite" en italien, vous ne vous êtes jamais posé la question ? Moi, cette incohérence m'a toujours frappée. Ceux qui ne veulent pas manger de gélatine la préparent à l'agar agar. Une courte ébullition est alors nécessaire, mais est-ce là une cuisson ? L'agar rend la texture plus cassante, on perd le glissant.
Je vais réconcilier tout le monde, les anti gélatine et les anti agar. Retrouvons la saveur des origines, c'est tout simple : il s'agissait d'une crème cuite, mais pas dans une casserole. On la cuisait au four, et on utilisait comme gélifiant des blancs d’œufs, tout simplement. Essayez et découvrez cette texture tout-à-fait extraordinaire, onctueuse, moelleuse, merveille de douceur et de suavité. Vous n'allez pas en revenir.
Panna cotta, et sa salade de fraises aux épices
Pour 6 personnes, pour la panna cotta
60 cl de crème liquide entière
1 gousse de vanille
6 gros blancs d’œufs
75 g de sucre
Pour la salade de fraises:
600 g de fraises
50 g de sucre
1 clou de girofle
1 éclat de badiane
3 grains de poivre rouge ou noir
1 râpure de muscade
2 gousses de cardamome
Allumez le four à 120°C. Portez la crème à ébullition. Fendez la vanille dans la longueur, grattez les graines noires à l'intérieur puis ajoutez-les dans la crème. Laissez infuser 5 minutes. (La gousse ? Mettez-la donc dans votre bocal de sucre en poudre, pour avoir du sucre vanillé à volonté !).
Battez les blancs d’œufs avec le sucre. Attention, il n'est pas question de les monter en quelconque neige, il s'agit juste de mélanger le sucre. Versez peu à peu la crème, mélangez bien.
Répartissez aussitôt cette crème dans 6 jolis verres, ou des ramequins, sans les remplir jusqu'en haut. Faites cuire dans le four au bain marie pendant 45 minutes environ (mettez de l'eau déjà chaude dans le bain marie, ou sinon augmentez la durée de cuisson). La surface doit être ferme, la crème prise mais encore tremblotante. Laissez refroidir d'abord dans le four éteint pendant 15 min, puis à température ambiante. Réfrigérez au moins 2 heures.

— "C'est quoi les petits points noirs ?
— C'est de la vanille, mon enfant."
Pendant ce temps faites la salade de fraises.
Mettez les épices dans une boule à thé. Faites-les infuser pendant 10 minutes dans 5 cl d'eau bouillante. Rincez, équeutez les fraises et coupez-les en morceaux dans un petit saladier. Retirez la boule à thé de la casserole et glissez-la dans les fraises. Ajoutez le sucre dans la casserole pour faire un sirop et portez à ébullition jusqu'à ce qu'il soit fondu. Laissez tiédir, puis versez le sirop sur les fraises. Couvrez, laissez macérer à température ambiante pendant 2 heures, jusqu'à ce que les fraises baignent dans un jus abondant..
Complétez les verres de panna cotta avec les fraises, ajoutez un peu de jus, décorez comme vous voulez, grappillon de groseille ou feuille de menthe. J'ai mis des groseilles blanches du jardin et de la verveine.
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