C'est l'hiver et on a envie de bons plats aussi moelleux que des édredons, aussi chauds que des couvertures en laine, aussi onctueux que l'amour et aussi parfumés que la pétillance d'un feu de bois. Des plats à partager avec ceux qu'on aime, qui vous réchauffent le cœur et le corps.

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Cette joue de bœuf a toutes les qualités : c'est un des meilleurs morceaux du bœuf, tendre et un peu gélatineux, on le servirait presque à la petite cuillère. En plus il est très bon marché, et très facile à cuisiner : on l'oublie au coin du feu et comme tout cuit dans la même cocotte, la viande, la sauce et les légumes, on a moins de vaisselle. Pourquoi s'embêter, je vous le demande ?

Pour 4 personnes :

1 joue de bœuf
20 g de beurre, 1 cuil. à soupe d'huile
1 échalote
1 oignon
1 gousse d'ail
4 carottes en rondelles
1 bouquet garni : poireau, thym, laurier, persil, girofle
1 os à moelle
1/2 bouteille de pinot noir
35 cl de bouillon de bœuf
1 kg de pommes de terre
Sel, poivre du moulin

On sort la cocotte en fonte. On la place sur feu vif et on y fait revenir la joue de bœuf avec le beurre mousseux et l'huile. On la retourne sur toutes ses faces, pour qu'elle soit colorée partout. On la retire sur une assiette, et on la remplace par une échalote et un oignon finement émincés, une pincée de sel, on fait fondre tout ça dans la cuisson de la viande. La pincée de sel fait mieux dorer les oignons et les échalotes. On ajoute l'ail et  les carottes, encore une pincée de sel, on remue et on laisse transpirer quelques instants.

Pendant ce temps là, on fabrique un un bouquet garni : dans une feuille verte de poireau, on place amoureusement un brin de thym, une feuille de laurier, quelques tiges de persil plat et 1 clou de girofle. On referme la feuille de poireau pour faire un petit paquet qu'on ficèle pour que rien ne s'échappe. On ajoute le bouquet garni dans la cocotte.

On remet la joue et on place aussi l'os à moelle que le boucher vous aura offert. Soyez toujours copines avec votre boucher, c'est un bon conseil que je vous donne ! L'os va parfumer la sauce et aussi lui donner un velouté, une épaisseur, sans avoir besoin de la lier avec de la farine. On verse le vin et le bouillon. Plutôt que de prendre un bouillon cube, si vous avez un bouillon de pot au feu que vous auriez fait la semaine dernière, et que vous auriez pris la précaution de congeler, c'est encore mieux. Le liquide doit arriver à la hauteur des ingrédients.

On fait partir l'ébullition sur feu vif,  et on ferme la cocotte avec son couvercle. On la met dans le four préchauffé à 120°C, et on l'oublie pendant 2 heures.

Au bout de 2 heures on retire le couvercle de la cocotte et on la remet dans le  four. Attention de ne pas se brûler !  Le parfum qui s'en échappe est déjà irrésistible et on commence à avoir faim... On patiente encore un peu : il reste une heure de cuisson. .
On a 30 minutes  pour éplucher 1 kilo de petites pommes de terres et les couper en quartiers, ce qui est largement suffisant. On les ajoute dans la cocotte après 30 minutes de la cuisson à découvert. On les sale. On les immerge dans la sauce qui est encore assez liquide. Et là, on remet la cocotte dans le four, toujours sans le couvercle. On termine la cuisson jusqu'à ce que les pommes de terre soient bien tendres, environ 30 minutes encore, cela dépend de la taille des morceaux.

C'est prêt ! La table est mise ? Le reste de pinot noir est versé dans les verres ?
On découpe la joue en tranches, on la sert avec les carottes, les pommes de terre et la sauce devenue veloutée. Les gourmands vont écraser les pommes de terre à la fourchette et les mélanger avec la sauce. La moelle de l'os pour ceux qui l'aiment, peut être extraite et tartinée sur des toasts de pain grillé.
C'est bientôt le week end, régalez vous !

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