En Alsace on les appelle Mannala, ou "petits bonshommes".

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Jusque dans les années soixante, les enfants de Lorraine et d'Alsace ne recevaient pas leurs cadeaux à Noël, mais le jour de la Saint Nicolas , le 6 décembre. Saint Nicolas fut ensuite supplanté par le Père Noël de type américain que nous connaissons aujourd'hui. Sa légende fut élaborée Moyen Age, c'était alors un des saints les plus populaires, les plus vénérés. Il est l'auteur de nombreux miracles, le plus connu est celui des trois enfants tués par un boucher, mis au saloir et ressuscités sept ans plus tard par le Saint qui passait par là.

Comme saint Martin, qu'on représente de la même façon chevauchant un âne, et qui était aussi pourvoyeur de cadeaux pour les enfants, le personnage de Saint Nicolas est hérité de dieux germains ou celtes. On l'a rapproché  d'Odin le scandinave, de Gargan le celte, dont Rabelais s'est inspiré pour son personnage de Gargantua, et aussi de Mercure le romain.

Ce sont les réminiscences d'un culte de fécondité, de mort et de renaissance, comme en témoigne la légende des enfants. Les petites brioches de forme humaine font aussi partie de ce symbolisme. Les mannele, ou mannala sont des petits bonshommes que l'on ressuscite tous les ans à la saint Nicolas, pour mieux les dévorer ensuite, se nourrir de leur pâte dorée comme on se nourrit de lumière.

manalagpOn est prévoyant : on commence la veille. Vous pouvez les faire avec votre pâte à brioche préférée. Sinon, celle-ci convient très bien, elle est facile à façonner et est délicieuse.

Pour environ 14  brioches :

500 g de farine T 55
10 g de sel
75 g de sucre
20 g de levure de boulanger
20 cl de lait
2 œufs
150 g de beurre à température ambiante
Des raisins secs
1 œuf supplémentaire pour la dorure

On fait une pâte à brioche : on met la farine mêlée au sel et au sucre dans un récipient, on fait un creux et on émiette la levure au centre. On ajoute un peu de lait, on touille en incorporant un peu de farine, pour obtenir une pâte molettte. On recouvre avec de la farine et on laisse reposer auprès de la cheminée jusqu'à ce que la couche de farine se crevasse.
Ensuite, on ajoute le reste de lait et les œufs. On pétrit jusqu'à ce que la pâte ne colle plus. Avec le crochet et le kenwood, cela prend 15 minutes en vitesse 2.
Dès que la pâte se décolle, on incorpore le beurre par petits morceaux, et on pétrit jusqu'à ce que la pâte se redécolle.

On laisse reposer 45 minutes , toujours auprès de la cheminée. Puis on fait retomber la pâte avec la main et on la place au frigidaire, couverte d'un film à son contact. On la laisse ainsi dormir toute la nuit.

D'ailleurs elle ne dort pas, parce que le lendemain matin, on constate qu'elle a gonflé pendant la nuit. Oui, même au froid, elle gonfle.

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A ce stade, on obtient ça . C'est beau, non ?

2boules

On l'aplatit sur le plan de travail, et on fait des boules d'environ 75 grammes.

3cones

A partir des boules, on fait des genre de cônes avec une grosse tête.

4coupe

On fait ensuite une incision pour séparer les deux jambes, et deux de chaque côté pour les bras.

5plaque

Voilà ce que ça donne : des espèces de créatures de Roswell. On les aligne sur des plaques de cuisson, on  fait les yeux avec des raisins secs. Maintenant on les met au chaud pour qu'ils deviennent bien dodus. On tisonne un peu les braises de la cheminée.

6dorure

Chouette, deux heures plus tard, ils ont bien grossi. On les dore à l'œuf battu. et on enfourne en bas du four à 220°C, pendant 20 minutes environ. On baisse le thermostat à 180°C à mi cuisson.

7cuits

Ils ont bien bronzé et encore grossi ! On n'est peut-être pas obligés d'attendre le petit déjeûner ?

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Je vous souhaite à tous une très joyeuse Saint Nicolas !