fresque

Saint Savin sur Gartempe est une petite ville proche de Poitiers, surtout connue pour son abbatiale aux fresques romanes classées au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. Elles sont très célèbres et vous avez déjà dû en apercevoir une au détour des pages d'un livre.

Les fresques viennent d'être entièrement restaurées. Si vos pas vous mènent dans le Poitou, faites un détour pour aller admirer ces fantastiques bandes dessinées qui datent de mille ans !

Cliquez sur les images pour les voir plus grandes.

L'inauguration des fresques restaurées aura lieu en septembre. Mais on peut d'ores et déjà aller les contempler dans la nef de l'abbatiale. (Prenez des jumelles, elles sont quand même à 20 mètres de hauteur).

A Saint Savin on peut aussi flâner dans les rues tranquilles, se promener le long de la Gartempe et marcher sur un très beau pont médiéval qui enjambe le fleuve et ses reflets.

saintsavin     pont_

Le pont médiéval, c'est le plus lointain. Celui du premier plan  est récent.

Ne tournons pas autour du pont, heu, du pot.

Comme si cela ne suffisait pas, à Saint Savin sur Gartempe se trouve une maison que je vous encourage à visiter absolument : le restaurant de Christophe Cadieu. Vous ne regretterez pas votre voyage. Surtout quand vous saurez que ce jeune chef a travaillé avec Michel Del Burgo au Taillevent, ainsi que chez Alain Ducasse à Monte Carlo et à Paris.

salle

La salle : couleurs chaudes ponctuées de touches de noir. Ambiance claire et chaleureuse. Il faisait beau ce jour-là, le soleil entrait par les grandes fenêtres ouvertes.

 

apero

amuseb

Attention, ça ne rigole pas pour l'apéro !

Cela commence par des petites choses à grignoter, heureusement qu'elles sont légères, des mousses, des écumes, car le nombre fait un peu peur. (Je déplore un peu cette nouvelle mode qui multiplie les amuse-bouche et nous coupe l'appétit plutôt que nous l'ouvrir, mais là c'est tellement bon qu'on ne peut s'empêcher de tout picorer). Tant pis, on espère quand même arriver au dessert.

Surtout que c'est bientôt suivi par une autre mise en bouche, où l'on distingue déjà le talent du chef dans la puissance de goût de cette petite ratatouille de coquillages. (Ci-dessus à droite).

 


tomate         tomabebis

Une entrée impressionnant par sa technique et son originalité : un dégradé de tomates de variétés diverses, chacune au goût différent. Si, si, le goût des tomates est retrouvé, ne cherchez plus, allez à Saint Savin ! A l'intérieur  du cylindre se cache de la chair de  crabe. On ne serait pas surpris de voir ce plat sur la carte d'un trois étoiles.

Cette entrée est présentée en deux services : dans le verre, à droite, on retrouve les mêmes tomates, mais avec d'autres textures, et c'est délicieux.

 

crevette      bouillon_crustace

L'entrée de l'autre convive en paraîtrait presque banale à côté : pourtant elle ne l'est guère. Une crevette, je devrais dire un monstre de crevette, à la chair croquante, cuisson exacte, sur une rémoulade de petits légumes, et des huiles parfumées au herbes. Dommage que le goût ne se transmette pas sur les photos.

Parce que c'est servi avec the bouillon de crustacés (photo de droite) ... Un bouillon d'une concentration inimaginable. C'est le goût du crustacé multiplié par cent. Pour moi c'est à cela que l'on reconnaît le talent d'un cuisinier : à la concentration des saveurs avec lesquelles il joue dans ses plats.

homard     boudinhomard

Voici le plat principal : un homard (qui a le goût de homard) se repose sur un lit de petits pois, pois gourmands, girolles, et ne se cache même pas sous son jus émulsionné, pourtant il rougit parce qu'on l'admire. La mince tuile croquante qui l'auréole rappelle la carapace de la bête.

Et, toujours avec le plat principal : la petite chose (quand je dis petite, c'est une façon de parler, pour dire mignonne) qui est servie à côté est un boudin de homard qu'on vient baigner d'une crème absolument délicate et divine. Un équilibre de saveurs et de textures.

 

framb     desstchoc

Après un pré dessert  (il s'agissait des souvenirs d'enfance du chef : riz au lait, mousse d'abricot et fraises écrasées), voici le dessert.  A gauche, une déclinaison de framboise, fine tuile croustillante, crème, mousse, chantilly, jus de framboise pétillant. Non, malheureux, ce n'était pas de la limonade et du sirop de framboise !  C'était bel et bien bien du jus de framboise rendu pétillant avec un siphon à eau de seltz.

Et à droite, le dessert au chocolat pour les plus gourmands. C'est une évocation du clocher de l'abbatiale. Le cône est ... je ne sais pas ce que c'est d'ailleurs, tellement c'est miraculeux. Une sorte de très fine gaufrette chocolatée, craquante, qui cache plusieurs mousses pralinées, aux saveurs différentes selon les chocolats, et de textures fraîches et soyeuses. Du satin sur la langue, qui aurait le goût de chocolat praliné. Ne me demandez pas comment c'est possible, je n'en ai pas la moindre idée.

On finit en beauté, ce qui était en beauté et en goût d'un bout à l'autre du repas. Des saveurs franches, finement ciselées au burin. De l'imagination, mais pas débridée à tout va : cela se tient, les plats ont un sens, une histoire.

J'ai aimé aussi les présentations des plats en deux étapes, différentes interprétations autour des produits, des saveurs. Presque chaque fois un petit cérémonial mettait le rôle du maître d'hôtel  à l'honneur. Verser le bouillon chaud sur un dôme qui fond et laisse entrevoir son contenu. Mettre l'eau de seltz dans le jus de framboises, doucement, la mousse qui monte et qui chuchote...  Le service est charmant, efficace, pas guindé. Le rapport qualité-prix... Un rêve.

Saint Savin: on y va pour les fresques et on y retourne pour Christophe Cadieu.

Christophe Cadieu

15, rue Bourg Neuf
86310 Saint Savin
Tel : 05 49 48 17 69