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porte2La porte de janvier. C'est l'expression qui m'était venue à l'esprit lorsque je vis le bel arc-en-ciel tout entier se dérouler au dessus de mon ciel de promenade...

— Mais c'est un pléonasme !

Ah bon ?

???

...

Cela mérite une enquête.

J'ai d'abord appris que Janvier vient du latin Januarus, qui dérive du nom de Janus, lui-même découlant de Janua, la porte en latin...

Intriguée, j'ai commencé d'ouvrir ces portes toutes imbriquées les unes dans les autres.

Janus... mais qui c'est celui-là ? La réponse est dans les fastes d'Ovide, un poète latin.

— Ça se mange ?

... Non, mais on verra que cela a quand même un rapport avec la nourriture

Je disais donc, un poète latin. D'ailleurs les réponses sont souvent chez les poètes. Pas forcément latins. Mais celui-là l'est. Pas simple. (Ouf, la traduction est sur Internet)

janus Janus est le dieu des portes, des ouvertures, des changements d’états, de tous les commencements, de la naissance à la mort.

Les portes de Janus sont celles des solstices : lorsque la lumière croît et décroît.

Janus, maître des solstices, et de la mesure du temps, peut voir à la fois le passé et l’avenir.

Dans la Rome antique, on le représentait sur les monnaies, et aussi en haut des portes, avec un double visage.

Deux visages ?

commode_medaillonIl voit en même temps des deux côtés des portes.

L’intérieur et l’extérieur.

Hier et demain.

Les deux possibles : dualité, choix.

On franchit la porte ou l'on reste.

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée... comme disait Alfred de Musset. Non, là je m'égare.

Janus ouvre et ferme toutes les portes ?

Où cela va-t-il nous mener ? et quel rapport avec l'après Noël ? et les choses délicieuses qui se mangent ?

Bien sûr, on peut dire que janvier est la porte de l'année, puisqu'il "l'ouvre"... Cela n'a d'ailleurs pas été toujours le cas. En réalité, la date du début de l'année a été fluctuante au cours des âges. Les calendriers de Numa, Julien et Grégorien se sont succédés, avec des longueurs de mois et des dates de début différentes à chaque fois. On s'y perd dans tous ces calendriers !

Quoi qu'il en soit, le commencement avait une valeur magique, une valeur d'augure. La première personne que l'on rencontrait, le premier pas que l'on faisait en sortant de sa maison, la direction du premier oiseau qui passait... tout cela était interprété comme bon ou mauvais présage.

Au premier jour de l'année, les portes des temples restaient ouvertes, et l'on s'échangeait des voeux, des paroles de paix et des cadeaux.

Aux prêtres de Janus, on offrait du vin et des gâteaux d'épeautre.

C'est la bonne année !

Rien n'a changé depuis cette époque: nous offrons les étrennes et continuons à nous souhaiter la bonne année, durant tous le mois de janvier, et de plus, la tradition veut que ce ce soit la première parole que l'on adresse à quelqu'un en le rencontrant la première fois après le premier janvier.

Alors, si je comprends bien, cette première parole a une valeur magique ? Une valeur de présage ?

Nous perpétuons cette coutume de se souhaiter la bonne année, pas seulement par politesse, mais parce que ces paroles ont un sens prophylactique, protecteur...

Je continue quand même l'enquête, j'aimerais bien savoir jusqu'où vont s'ouvrir ces portes étranges...

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