Il est grand temps d’allumer le four.
Noël approche à grands pas de vents et de nuages. De branches tremblantes et de jour déclinant.
Le solstice d’hiver va nous ramener le Sol invictus, le soleil victorieux, que les anciens gallo-romains célébraient à la même date. C’était une fête tellement importante que les chrétiens on préféré placer la célébration de Noël à la même date, plutôt que de combattre cette fête païenne beaucoup trop ancrée dans les mentalités.

Mon four est allumé .stollencouv2_copy Je vais préparer des Stollen.

Le Stollen est un gâteau de Noël, né aux alentours de Dresde, en Saxe… Mais on en trouve maintenant dans toute l'Europe de l'Est... jusqu'à chez nous, depuis qu'il est passé par l'Alsace Lorraine.
Il se présente sous la forme d’un pain long plié, sa forme allongée et toute blanche de sucre glace symbolise l’enfant Jésus emmailloté. Son nom complet à Dresde est Christstollen. Il en existe une autre version, aux raisins secs, le Rosinenstollen, qui n'a pas le droit à l'appellation, disons: "sacrée".
Vous remarquerez, en lisant les ingrédients, qu'il n'entre dans sa fabrication que des choses blanches: de la farine de froment, du sel et du sucre, des amandes, du beurre et des citrons confits. Pas d'oeufs, pas d'oranges confites, il est bien précisé des citrons dans la recette, pas une touche de couleur. C'est un pain de lumière. En dégustant ce gâteau, on se remplit de lumière, et quand on l'offre, on offre la promesse du jour qui renaît chaque matin. C'est un symbole extrêmement fort.
Vous en avez peut-être aperçu quelque succédané dans votre supermarché préféré. Ces choses emballées dans du papier transparent ou clinquant, à la pâte dégoulinante de graisses végétales innommables, remplis de fruits confits innommés, de pâte d’amandes remplie d’arôme artificiel — Évitez-les, ils n’ont absolument rien à voir avec l’original, vous pouvez me croire.
La tradition veut que l’on prépare deux Stollen en même temps, un pour déguster soi-même et un pour offrir.
(Mais ce n’est pas plus difficile ni plus long d’en faire quatre. Alors ne vous privez pas de vous faire plein d’amis.)
C’est un gâteau de la générosité. Un gâteau « gras » ( ah j'en entend qui poussent un cri d'horreur à ce mot...). Gras au sens où on l’entendait autrefois, quand se succédaient les jours gras et maigres. Un gâteau de fête, vu la richesse de la pâte, avec tout ce qu’il y a de meilleur : du sucre, du beurre, des amandes et des agrumes confits, n’oublions pas les épices : choses les plus rares et les plus chères, venues des pays lointains, que l’on serrait dans des petits coffrets précieux.
Ce qui nous amène au pain d’épices : le Lebkuchen , ce qui signifie « pain de vie ». Le soleil qui renaît au solstice, c’est la vie qui renaît (D’où l’idée, qui est loin d’être saugrenue, de placer là la naissance de l’enfant Jésus). On offre à cette période des pains d’épices, et toutes sortes de gâteaux parfumés de miel et de fruits secs ou confits. En même temps que l'on formule des souhaits de bonheur, de longue vie, de prospérité...
Vous voyez, rien n'a changé depuis des millénaires.

Il est grand temps.

La recette est ICI.